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Mike Tyson, colombophile depuis l’enfance, poursuivi par un casino en ligne pour 1,5 million de livres après avoir refusé d’apprendre la boxe à un pigeon géant

Un casino en ligne réclame 1,5 million de livres à Mike Tyson, qui a renoncé à un live avec un présentateur déguisé en pigeon.

Mike Tyson devait être interviewé en direct par un présentateur déguisé en pigeon géant, puis apprendre à boxer aux présentateurs, pigeon compris, sur un mannequin à l’effigie de son ancien adversaire Evander Holyfield, le tout pour la marque de casino en ligne Rabona. L’ancien champion du monde des poids lourds ne l’a jamais fait. Cette semaine, devant la Haute Cour de Londres, Medier, qui promeut Rabona, lui réclame environ 1,5 million de livres (1,77 million d’euros au cours BCE du 15 octobre 2026), ainsi qu’à sa société Tyrannic, selon les comptes rendus d’audience du Telegraph, de l’Independent et du Standard.

Aucun jugement n’a encore été rendu. Medier accuse Tyson d’avoir perdu tout intérêt pour le contrat après avoir signé son combat contre le youtubeur devenu boxeur Jake Paul sur Netflix. La défense répond que l’émission au pigeon dépassait de loin le contrat. Pour une PME ou une agence qui engage un créateur, presque tout ce litige se joue sur des clauses à écrire avant de signer, en plus des obligations du cadre légal de l’influence en France et en Belgique.

Un contrat de 2 millions de dollars signé en janvier 2024

Selon le Telegraph et l’Independent, le contrat prévoyait 2 millions de dollars (environ 1,78 million d’euros), payables par tranches à Tyrannic. Tyson devait promouvoir en direct des « services de jeu » de Rabona et participer à un « événement de relations publiques » lors d’un grand salon des jeux d’argent à Amsterdam, du 16 au 19 juillet 2024. Medier a porté plainte en décembre 2024, en l’accusant d’avoir rompu l’accord à tort en mars 2024, rapportait alors Fox News.

Le communiqué de Rabona du 6 février 2024 annonçait des lives mensuels sur Twitch et Kick, où Tyson jouerait aux jeux de casino de la marque et pourrait raconter des anecdotes de sa carrière. Il ne mentionnait aucun pigeon. Tyson connaît pourtant bien ces oiseaux : sa passion pour les pigeons voyageurs est connue de longue date et, dans son autobiographie, rappelle le Telegraph, il raconte que son amour pour eux l’a aidé à traverser une enfance difficile à New York. Il a aussi reconnu n’avoir commencé à se battre qu’après avoir roué de coups un homme qui avait tué l’un de ses pigeons.

Le pigeon vu par la défense

Selon l’Independent, l’avocate de la défense, Amanda Hadkiss, a décrit au juge Richards le format exigé par Medier : une émission baptisée « Talking Pigeons », les pigeons qui parlent. Tyson devait apparaître en duplex face à quatre présentateurs, dont l’un déguisé en pigeon géant, dire un texte écrit, répondre à des questions et « raconter des souvenirs d’enfance ». Venaient ensuite la leçon de boxe sur le mannequin à l’effigie de Holyfield, puis une partie de casino sur le site de Rabona.

Pour la défense, le contrat se limitait à filmer Tyson en train de jouer à des « jeux de casino » (machines à sous, poker, roulette) ou à d’autres jeux et événements présents sur le site de Rabona, à condition qu’ils aient été approuvés. Le numéro au pigeon allait « bien au-delà de tout ce qu’on pouvait raisonnablement exiger », a plaidé l’avocate. Tyson et Tyrannic contestent toute violation du contrat.

Schéma d'après les comptes rendus d'audience d'octobre 2026 : selon la défense de Tyson, le contrat prévoyait de le filmer en train de jouer au casino ; Medier demandait un live « Talking Pigeons » avec un présentateur déguisé en pigeon géant et une leçon de boxe sur un mannequin à l'effigie d'Evander Holyfield. Rien n'est jugé.
Deux lectures du même contrat, d’après les comptes rendus d’audience à la Haute Cour de Londres.

Lakiha Tyson, l’épouse du boxeur, dirige Tyrannic et dit gérer son image depuis 17 ans. À la barre le 14 octobre, selon le Standard, elle a trouvé « comique » de lire aujourd’hui un projet aussi ridicule, qui faisait de son mari « la risée » au lieu de lui laisser la maîtrise de sa marque. « On voulait faire le buzz, mais d’une manière dont lui et sa marque puissent être fiers, pas d’une manière qui le ridiculise. »

Netflix, selon Medier

Pour Ali Reza Sinai, l’avocat de Medier, « le sujet dont personne ne parle » est le contrat Netflix : un combat d’exhibition à 15 millions de dollars contre Jake Paul. Une fois ce combat plus lucratif conclu, Tyson et Tyrannic se seraient « tout simplement désintéressés » de l’accord, a-t-il plaidé selon le Telegraph. Medier leur reproche de ne pas avoir assuré les lives prévus et d’avoir « résilié » le contrat sans préavis suffisant.

Selon lui, Tyson et Tyrannic craignaient un conflit avec ce contrat, qui limitait les parrainages sans lien avec le combat pendant sa promotion : le salon d’Amsterdam s’achevait la veille de la date prévue du combat, le 20 juillet 2024. Le combat a finalement eu lieu en novembre 2024, et Tyson l’a perdu. Lakiha Tyson a répondu que c’étaient « deux choses complètement séparées » et que le couple avait « plusieurs autres sponsors à l’époque », selon le Standard.

En contre-interrogatoire, rapporte le Standard, l’avocat a soutenu que le couple avait été prévenu : « La chaîne a une mascotte, un pigeon, qui sera toujours là. » Il lui a ensuite demandé : « La chaîne s’appelle Talking Pigeons. Ça ne vous a pas fait penser que le pigeon allait parler ? »

Dans sa plaidoirie finale, rapportée le 15 octobre par le Daily Star, il a accusé Tyson et Tyrannic d’avoir fait une montagne d’un rien pour sortir du contrat. Quel que soit son avis sur le script, Tyrannic devait selon lui répondre et chercher à l’améliorer : « Si c’est ringard, ça se retravaille. » Il a aussi affirmé que Medier avait publié sur les réseaux sociaux, sans protestation de Tyrannic, une photo suggérant que Tyson allait affronter deux pigeons.

Cinq clauses à écrire avant de signer avec un ambassadeur

Ces points se posent dans n’importe quel partenariat, y compris avec un micro-influenceur de votre région.

  1. Décrivez chaque livrable jusqu’au format : durée, plateforme, déroulé, ce que la personne fera à l’écran et ce qu’elle ne fera pas. Une grande partie du litige oppose « filmé en train de jouer » à un talk-show avec mascotte. Notre guide pour collaborer avec des influenceurs détaille le brief.
  2. Écrivez le circuit de validation : qui approuve le script, sous quel délai, et ce qui se passe en cas de refus. Dès décembre 2024, selon Fox News, les avocats de Tyson reprochaient à Medier de ne pas avoir obtenu son accord sur les supports promotionnels. Tout créateur attaché à sa marque personnelle l’exigera aussi.
  3. Demandez la liste des engagements en cours : autres sponsors, exclusivités, périodes où un diffuseur interdit d’autres parrainages. Si le contrat Netflix limitait vraiment les autres partenariats, comme le soutient Medier, une clause de déclaration aurait pu le signaler plus tôt.
  4. Prévoyez la sortie : préavis, motifs de résiliation, sort des tranches déjà payées et des contenus déjà livrés. Medier conteste une résiliation sans préavis suffisant et, selon Fox News en décembre 2024, réclame le remboursement des sommes versées.
  5. Délimitez les pays de diffusion, et vérifiez que vous savez les faire respecter techniquement. Selon le Daily Star, la défense reproche à Medier de ne pas avoir su limiter le live aux pays où elle pouvait utiliser l’image de Tyson.

Le même live en France ou en Belgique

En France, la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 sur l’influence commerciale impose, au-delà d’un montant fixé par décret, un contrat écrit entre l’influenceur et l’annonceur ou son agence, sous peine de nullité. Son article 8 en liste les mentions obligatoires : identité des parties, nature des missions, rémunération, droits et obligations de chacun (notamment en propriété intellectuelle) et droit français applicable si le public visé est en France. L’annonceur, l’influenceur et leurs intermédiaires répondent solidairement des dommages causés aux tiers dans l’exécution de ce contrat.

Pour les jeux d’argent, l’article 4 de la loi, dans sa version en vigueur depuis le 1er juillet 2026, réserve la promotion par un influenceur aux plateformes capables d’exclure les moins de 18 ans de l’audience, à condition d’activer cette exclusion, avec une mention signalant l’interdiction aux mineurs. Tout contrat avec un opérateur de jeux doit aussi contenir une clause par laquelle l’influenceur reconnaît connaître ces règles et s’engage à les respecter.

En Belgique, l’arrêté royal du 27 février 2023, publié au Moniteur belge le 8 mars 2023 et en vigueur pour l’essentiel depuis le 1er juillet 2023, n’autorise aux opérateurs de jeux de hasard sous licence que les formes de publicité qu’il énumère. Son article 17 interdit de représenter des personnes physiques ou des personnages fictifs, et d’utiliser la voix de personnes célèbres. Le rapport au Roi cite les sportifs, les acteurs et les influenceurs. Un ancien champion du monde en ambassadeur n’y aurait donc pas sa place, et une mascotte de pigeon ressemble fort à un personnage fictif.

Les questions encore ouvertes

Les deux versions reposent sur des plaidoiries et des témoignages rapportés par la presse britannique. Nous n’avons pas vu le contrat. Le montant réclamé varie lui aussi : environ 1,5 million de livres selon la presse britannique qui suit l’audience, plus de 1,5 million de dollars selon Fox News à partir de la plainte de décembre 2024 (plus de 800 000 dollars d’honoraires à rembourser et 729 000 dollars de frais de production et de promotion). Même les montants versés divergent : près de 190 000 dollars selon le Telegraph et l’Independent, 833 334 dollars selon Medier, cité par le Daily Star.

Le jugement dira notamment si un contrat qui prévoit de filmer quelqu’un « en train de jouer » au casino couvre aussi un talk-show scénarisé avec une mascotte. Dans vos contrats, mieux vaut que personne n’ait à poser la question à un juge. Pour cadrer les contenus et la collaboration avec un créateur avant de signer, consultez notre offre de marketing d’influence.

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