Environ 15 000 fiches d’établissement Google réparties dans 24 pays de l’Espace économique européen (EEE) ont perdu plus de 70 % de leurs impressions dans la recherche Google fin septembre. GMBapi, éditeur néerlandais d’un outil de gestion de fiches Google, a publié l’étude le 13 octobre 2026. Entre la semaine du 15 au 21 septembre et la période du 26 septembre au 4 octobre, ces impressions ont baissé de 74 % sur mobile et de 71 % sur ordinateur.
Les appels, les clics vers le site et les demandes d’itinéraire n’ont reculé que de 2 % au total sur la même période. Les 10 400 établissements que GMBapi suit aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse ne montrent aucune rupture. En France (1 044 établissements), l’évolution sur un an de ces impressions par établissement est passée de +15 % à -66 %, et en Belgique (709) de +22 % à -70 %. Pour GMBapi, c’est d’abord le comptage de Google qui a changé, et la plupart des établissements n’ont pas perdu de visibilité réelle.
Une chute en quatre jours dans les 24 pays étudiés
Le décrochage s’est fait par paliers. Sur une base 100 pour la semaine du 15 au 21 septembre, les impressions sont tombées à 83 le 22 septembre, à 59 le 23, autour de 50 les 24 et 25, puis à environ 27 à partir du 26. Elles n’ont plus bougé jusqu’au 4 octobre, fin des données publiées.
La saison n’explique rien. Aux mêmes dates en 2025, les impressions avaient progressé de 4,5 % sur mobile et reculé de 3,6 % sur ordinateur. Sur un an, les impressions sur mobile sont passées de +6 % la semaine précédant la chute à -73 % après, et celles sur ordinateur d’un niveau stable à -69 %.
Les neuf marchés détaillés par GMBapi (France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Italie, Espagne, Autriche, Suède et Pologne) ont tous décroché les mêmes jours, du 22 au 26 septembre. Après la chute, leur évolution sur un an va de -66 % à -73 %.
Les fiches étudiées ont perdu environ 685 000 impressions par jour dans la recherche Google, sans report sur Maps, où leurs impressions n’ont reculé que de 1 %.
Des contacts presque stables
Pour un commerce, le chiffre qui compte est celui des contacts, et il a à peine bougé. Le nombre d’actions pour 1 000 impressions est donc passé de 73 à 100.

Deux chiffres invitent tout de même à la prudence. Les clics vers le site ont reculé de 3 % par rapport à la semaine précédente, alors qu’ils avaient progressé de 10 % à la même période en 2025. Les appels ont reculé eux aussi, mais la baisse se retrouve aux États-Unis et au Royaume-Uni : GMBapi n’en fait donc pas un phénomène propre à l’EEE.
La nouvelle page de résultats issue du DMA
Le calendrier coïncide avec la mise en conformité de Google au règlement européen sur les marchés numériques (DMA). Le 23 juillet 2026, la Commission européenne a infligé à Google une amende de 460 millions d’euros pour avoir favorisé ses propres services dans son moteur de recherche, notamment les services d’achat, la recherche d’hôtels, les transports et les résultats sportifs. Google avait 60 jours pour s’y conformer.
Le 8 septembre, Google a déployé dans l’EEE une nouvelle présentation des résultats pour les recherches d’hôtels, de vols, de trains et bus longue distance et de produits. Selon The Next Web, Nick Fox, vice-président senior de Google chargé de la connaissance et de l’information, a déclaré que ces changements dégradent l’expérience des Européens en favorisant les intermédiaires en ligne au détriment des entreprises locales.
Le 18 septembre, le journal des mises à jour de Search Central a annoncé que les deux blocs de cette présentation prennent désormais en charge les recherches d’établissements locaux. Le premier, l’« unité agrégateurs », affiche les résultats d’annuaires, de comparateurs et de plateformes de réservation agréés : l’agrégateur le mieux classé est ouvert par défaut, et les clics mènent vers son site. Le second, l’« unité fournisseurs », présente les entreprises elles-mêmes, par exemple un hôtel indépendant ou un plombier. Google précise que cette unité « n’apparaît que si l’unité agrégateurs apparaît aussi ».
Pour y figurer, une entreprise n’a pas besoin de fournir « de données supplémentaires au-delà de celles accessibles via l’exploration Web », selon Google. Sur une page destinée aux plateformes partenaires (annuaires, réservation, livraison), Google ajoute que l’unité agrégateurs remplace des blocs existants dans les résultats locaux, sans préciser lesquels.
L’unité agrégateurs n’explique pas tout
Les 36 catégories qui comptent au moins 50 fiches dans les données de GMBapi ont toutes reculé, de 45 % à 84 %, avec une médiane de 73 %. Les agences d’assurance ont perdu 64 % de leurs impressions, les garderies 70 %, les garages 74 % et les magasins de téléphonie 84 %. Or l’éditeur n’a trouvé aucune unité agrégateurs sur des recherches d’assurance, de garderie ou de coiffeur.
Les hôtels, eux, ont décroché deux fois. Leurs impressions ont commencé à baisser juste après le 8 septembre, jusqu’à environ -70 % le 16, puis ont de nouveau chuté le 23 septembre avec les autres catégories. L’échantillon ne compte que 56 hôtels, et GMBapi y voit un indice fort plutôt qu’une preuve.
Aux Pays-Bas, les 12 et 13 octobre, l’éditeur a constaté que les résultats des recherches locales s’affichent désormais dans un bloc surmonté d’un en-tête de fournisseur, même quand Google est le seul fournisseur. Son hypothèse : les vues de ce bloc ne seraient plus comptées comme des impressions de fiche dans la recherche Google, ou seulement quand l’internaute ouvre la section Google.
Le support de l’API de Google a évoqué auprès de GMBapi un possible changement dans l’attribution des impressions entre la recherche Google et Maps. GMBapi juge cette piste en partie contredite, puisque Maps n’a pas bougé. Le support n’a pas pu confirmer, pour l’instant, ce qui a changé ni dire si l’historique serait corrigé.
Fin juin 2025, de nombreuses fiches avaient déjà perdu des impressions alors que les interactions restaient stables. Search Engine Roundtable y voyait un probable bug dans les statistiques, sans confirmation officielle de Google.
Pour la restauration, l’enjeu dépasse les statistiques. Le 12 octobre, sur une recherche de pizzeria à Bois-le-Duc, aux Pays-Bas, la section ouverte par défaut était celle de la plateforme de livraison Just Eat. Elle affichait un restaurant ouvert 24 heures sur 24, alors que sa fiche Google le donnait fermé jusqu’au mercredi à 17 h. Le lendemain, Google apparaissait en premier : l’ordre des fournisseurs n’est pas figé.
Que faire de vos rapports et de vos fiches ?
- Annotez la période du 22 au 26 septembre dans vos tableaux de bord et rapports clients (et le 8 septembre pour un hôtel), pour que personne ne confonde cette chute avec une perte de positions ou une fiche défaillante.
- Jugez votre fiche sur les actions (appels, clics vers le site, itinéraires) et leur nombre pour 1 000 impressions. Pour contrôler votre classement local, gardez un relevé de positions en appliquant nos précautions sur les outils de suivi de position : certains reçoivent des pages de résultats faussées depuis la mi-septembre.
- Pour vos établissements situés dans l’EEE, arrêtez de comparer sur un an les impressions dans la recherche Google : prenez comme base les semaines qui précèdent le 22 septembre, et limitez à 2026 les comparaisons sur Maps.
- Servez-vous de vos éventuels établissements hors de l’EEE (en Suisse ou au Royaume-Uni, par exemple) comme groupe témoin, pour distinguer ce qui relève de l’EEE de ce qui touche tout le monde.
- Alignez vos horaires, menus, photos et coordonnées sur les plateformes (réservation, livraison, annuaires) avec votre fiche Google, qui doit rester la référence. Quand une plateforme s’ouvre en premier, vos clients voient ses données. Notre guide du SEO local explique comment nettoyer vos citations NAP (nom, adresse, téléphone).
- Ne réécrivez pas votre fiche dans l’urgence pour compenser une baisse que GMBapi attribue surtout au comptage. Si vous la modifiez, tenez compte des nouvelles règles sur le texte promotionnel dans la fiche, en ligne depuis la mi-septembre.
Les questions en suspens
Au 15 octobre, nous n’avons trouvé aucune explication publique de Google sur ce qui a changé entre le 22 et le 26 septembre, ni annonce de correction des données passées. Le partage entre nouvel affichage et changement de comptage reste une hypothèse de GMBapi.
Les chiffres viennent d’un seul éditeur, qui vend un tableau de bord de fiches Google. Son échantillon se limite aux établissements suivis par ses clients, et ses données s’arrêtent au 4 octobre. Les lectures divergent aussi : Partoo, autre éditeur du secteur, écrivait le 1er octobre que les recherches de commerces locaux ne semblaient pas touchées à ce stade par la nouvelle présentation, tout en relevant de premiers signes sur les restaurants et les supermarchés.
Trois éléments restent à surveiller : une explication ou une correction de Google, la position de la Commission sur la conformité de la nouvelle présentation, et l’arrivée d’une unité agrégateurs sur les recherches de votre secteur. Pour le dernier, tapez vous-même, depuis la Belgique ou la France, les recherches de vos clients et notez ce qui s’affiche en premier.
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