Le 16 octobre 2026, Google a modifié trois pages de la documentation de son API d’indexation (Indexing API). Le formulaire qui servait à demander l’accès et un quota plus élevé a disparu, comme l’étape du guide de démarrage consacrée à la demande d’approbation : Google n’explique plus comment obtenir l’autorisation de s’en servir. La règle d’usage ne change pas, et l’API reste réservée aux pages d’offres d’emploi et aux vidéos diffusées en direct. Pour un blog, une boutique en ligne ou un site vitrine, elle n’a jamais été le raccourci vers l’index que promettent certaines extensions.
Trois pages modifiées, une seule annoncée
Google a ajouté au journal des modifications de Search Central une entrée datée du 16 octobre : la page des quotas a été mise à jour « pour refléter les limites et le processus actuels » et pour « supprimer un formulaire obsolète ». Le guide de démarrage rapide et la page d’utilisation ont changé le même jour sans figurer au journal, comme l’ont relevé Search Engine Roundtable et Search Engine Journal.
Dans la version anglaise, cinq passages ont disparu :
- l’introduction de la page des quotas : le quota par défaut y servait aux tests, et l’usage de l’API « nécessite une approbation supplémentaire » ;
- la section « Request quota and approval », son lien vers le formulaire et la phrase sur un quota qui « peut augmenter ou diminuer en fonction de la qualité du document » ;
- dans le guide de démarrage, l’étape qui présentait les 200 requêtes par défaut comme un quota « pour l’intégration et les tests » ;
- la note, répétée sur la page d’utilisation, qui rappelait que ce quota servait aux tests et qu’il fallait une approbation ;
- le paragraphe qui conseillait l’API plutôt qu’un sitemap aux sites riches en pages éphémères, tout en recommandant un sitemap pour couvrir l’ensemble du site.
Les chiffres n’ont pas bougé : la page des quotas affiche toujours 200 requêtes de publication par jour et par projet (mises à jour et suppressions confondues), 180 requêtes de métadonnées par minute et 380 requêtes par minute tous points de terminaison confondus. Le compteur quotidien repart à zéro à minuit, heure du Pacifique, soit 9 h à Bruxelles et à Paris. L’API reste gratuite. Le guide de démarrage précise toujours qu’elle « ne peut être utilisée que pour explorer des pages contenant JobPosting ou BroadcastEvent intégré dans un VideoObject », que tous les envois passent par une détection du spam et que les abus peuvent entraîner la révocation de l’accès.
La version française affiche encore l’ancien texte
En français, la documentation n’a pas été touchée. Le 18 octobre 2026, sa page « Informations sur les quotas et les tarifs », datée du 17 juillet, contient toujours la section « Demander un quota et une autorisation » et son lien vers le formulaire. Le guide de démarrage rapide, daté du 2 août, liste encore l’étape « Demandez l’approbation et le quota », et le journal des modifications en français s’arrête à une entrée du 8 septembre. Le texte à jour ne figure que dans la version anglaise (paramètre ?hl=en) et son journal des modifications.
Des mois sans réponse pour les sites d’emploi
En septembre, Search Engine Journal rapportait déjà que des exploitants de sites d’emploi attendaient depuis des mois une réponse à leurs demandes d’accès. Le 19 septembre sur X, Nick LeRoy, qui édite SEOJobs.com et PPCJobs.com, écrivait qu’aucun de ses deux sites n’avait été approuvé. Avec le consultant Alexander Chukovski, il avance l’hypothèse qu’aucune demande n’a été acceptée en 2026, tout en reconnaissant qu’il ne peut pas le confirmer.
Le même article cite un site d’emploi belge : le 10 septembre, sur le forum d’aide de Google, il attendait encore la réponse à une demande envoyée le 21 août. En mai, interrogé sur Bluesky, John Mueller, de Google, disait n’avoir connaissance d’« aucun problème particulier ». Il ajoutait que l’API était « submergée par des blogueurs qui essaient de se faire passer pour des sites légitimes » et qu’il imaginait les personnes chargées des demandes « juste un peu plus prudentes aujourd’hui ».
Plusieurs exploitants signalent le même symptôme : l’envoi d’une URL obtient un code HTTP 200, puis la méthode getMetadata renvoie une erreur 404 pour la même URL. Ils y voient le signe que la notification n’est jamais arrivée chez Google. Google ne documente pas ce cas, et sa page d’utilisation précise qu’un code 200 signifie seulement que le moteur « peut tenter » d’explorer de nouveau l’URL bientôt.
Le 16 octobre sur X, Chukovski a constaté qu’un nouveau compte de service recevait toujours un quota par défaut de 200 et que le formulaire n’apparaissait plus que dans la console Google Cloud. LeRoy dit avoir de nouveau obtenu un 200 suivi d’un 404. Barry Schwartz a repris leurs messages sur Search Engine Roundtable, dont il est le fondateur, et se demande si le code n’a pas du retard sur la documentation.
Les blogs et les boutiques restent hors du périmètre
L’affaire dépasse les sites d’emploi, car l’API d’indexation est devenue un argument de vente pour des extensions et des services. L’extension WordPress gratuite Instant Indexing for Google, éditée par Rank Math, compte plus de 200 000 installations actives d’après sa fiche WordPress.org. Cette fiche prévient elle-même que Google recommande l’API « uniquement » pour les offres d’emploi et le direct, puis affirme qu’elle « fonctionne sur tout type de site ». Le 16 octobre, le même éditeur a publié un avis de sécurité sur sa version payante, Rank Math PRO, dont des copies piégées ont été distribuées pendant onze heures, comme le détaille notre article sur le piratage de Rank Math PRO.
Dans un billet du 7 juillet 2026, Chukovski décrit toute une industrie de « services d’indexation » qui promet de faire indexer vite des contenus sans offre d’emploi. D’après lui, une telle page envoyée par l’API entre bien dans l’index, mais n’y reste pas longtemps. Le changement du 16 octobre n’élargit pas l’usage autorisé : envoyer des articles ou des fiches produits par cette API reste contraire à la règle de Google, et le formulaire retiré ne servait qu’aux pages JobPosting ou BroadcastEvent.
Cette semaine sur Reddit, un éditeur inquiet raconte que le nombre de ses pages indexées est tombé peu à peu d’environ 7 000 à 2 000, alors que son dernier audit technique lui donnait 96 sur 100.
L’indexation sans l’API
Hors offres d’emploi et vidéos en direct, Google s’appuie sur ses moyens habituels : les sitemaps, les liens et la demande d’indexation de l’outil d’inspection d’URL. Le 2 octobre, Gary Illyes, de Google, a donné un ordre de grandeur des délais d’indexation : environ 20 heures pour découvrir une nouvelle URL, selon des estimations internes.
Les questions encore ouvertes
Google ne dit pas si l’obligation d’approbation a changé, ce que deviennent les demandes déjà envoyées, ni si un projet jamais approuvé peut désormais utiliser ses 200 requêtes en production, pour des offres d’emploi ou des vidéos en direct. Search Engine Journal, qui relève ces trois points, avait interrogé Google dès septembre, sans réponse à la parution de son premier article. Les tests publiés le 16 octobre par Chukovski et LeRoy ne montrent aucun changement technique.
Le journal des modifications en anglais reste la page à suivre. Google y avait consigné les précisions de septembre 2024 (le 4, le quota par défaut réservé à la configuration et aux tests ; le 11, la détection du spam sur tous les envois), et une nouvelle procédure d’accès y apparaîtra sans doute en premier si Google en crée une. La mise à jour des pages en français reste aussi à suivre.



