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Les ventes de voitures électriques ont bondi de 73 % dans l’UE en septembre, devant l’essence et le diesel réunis

En septembre, l'UE a immatriculé 290 117 voitures électriques contre 219 121 voitures essence et diesel, une avance pour le deuxième mois consécutif.

En septembre, l’Union européenne a immatriculé environ quatre voitures électriques à batterie pour trois voitures neuves essence ou diesel. L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), qui agrège les données d’immatriculation nationales, a publié ses chiffres le 22 octobre : 290 117 voitures électriques neuves dans les 27 pays de l’UE, 72,9 % de plus qu’en septembre 2025, contre 219 121 voitures essence et diesel réunies.

Un an plus tôt, le rapport était inverse : 291 953 voitures essence et diesel pour 167 776 électriques, soit 1,7 voiture essence ou diesel pour une électrique. La part de l’électrique est passée de 18,9 % à 29,9 % du marché, celle de l’essence et du diesel cumulés de 32,9 % à 22,6 %, selon le communiqué de l’ACEA.

Cette comparaison appelle deux réserves. Les hybrides, qui consomment aussi de l’essence, restent la première motorisation : hybrides et hybrides rechargeables compris, les voitures à moteur essence ou diesel représentaient encore environ les deux tiers du marché de septembre. Et sur les neuf premiers mois de 2026, l’essence et le diesel réunis (28,2 % des immatriculations) devancent toujours l’électrique (22,7 %).

Un mois de volume normal, et un écart qui se creuse

Septembre est le deuxième mois consécutif où les électriques dépassent l’essence et le diesel réunis. En août, l’UE avait immatriculé 196 486 voitures électriques contre 179 219 voitures essence et diesel, selon les chiffres d’août de l’ACEA, publiés le 24 septembre. Mais août est un mois creux pour l’automobile, avec 708 211 immatriculations au total. Avec 971 048 voitures, le marché de septembre était 37 % plus important, et l’avance de l’électrique est passée d’environ 17 000 à environ 71 000 voitures.

Les immatriculations de voitures essence ont reculé de 23,4 %, à 168 564, et celles de voitures diesel de 29,6 %, à 50 557, alors que le marché total de l’UE progressait de 9,3 %. En Chine, à l’inverse, les rechargeables ont atteint une part record en septembre parce que les ventes de voitures 100 % essence ont chuté de 49 % dans un marché en recul de 28 %.

Depuis janvier, l’électrique (1 931 465 immatriculations, 22,7 % du marché) a dépassé l’essence seule (21,2 %) et se classe deuxième derrière les hybrides (36,3 %). L’ACEA décrit un marché qui résiste malgré « la hausse persistante des prix de l’énergie » et des « vents contraires géopolitiques », avec une demande en véhicules électrifiés soutenue par « les mesures d’aide à l’achat et une offre de modèles plus large ». Elle précise que les chiffres de l’année sont provisoires et peuvent être révisés.

Un marché à plusieurs vitesses

La moyenne de l’UE masque de grands écarts. Au Danemark, 17 784 des 20 025 voitures neuves immatriculées en septembre étaient électriques, soit 88,8 %. Les Pays-Bas (52,8 %) et la Belgique (50,9 %) ont franchi la barre des 50 %.

En France, les immatriculations d’électriques ont plus que doublé (+107,5 %, à 65 243) pour atteindre 41,7 % du marché, tandis que l’essence reculait de 39,1 %. En Allemagne, premier marché de l’UE, elles ont progressé de 94,7 %, à 88 599, soit 34,5 % du marché, et l’essence a perdu 29,2 %.

Graphique en barres de la part des voitures électriques à batterie dans les immatriculations de voitures neuves en septembre 2026 : Danemark 88,8 %, Pays-Bas 52,8 %, Belgique 50,9 %, France 41,7 %, Allemagne 34,5 %, moyenne de l'UE 29,9 %, Espagne 18,5 %, Italie 7,6 %, Pologne 6,2 %
Part des voitures électriques à batterie dans les immatriculations de voitures neuves, septembre 2026. Données : ACEA, 22 octobre 2026. Graphique : MACCUS.

À elles deux, l’Allemagne et la France ont immatriculé 76 908 électriques de plus qu’en septembre 2025, soit près des deux tiers de la hausse enregistrée dans l’UE (122 341).

Parmi les autres grands marchés, l’Espagne était à 18,5 % et l’Italie à 7,6 % (10 552 électriques sur 139 166 voitures). En Italie, les hybrides ont représenté la moitié du marché, avec 70 188 voitures. En Pologne, les immatriculations d’électriques ont baissé de 21,9 % sur un an, à 3 478, soit 6,2 % du marché, quand les hybrides en prenaient près de la moitié.

Carburants record, nouvelles aides et marques chinoises

L’ACEA met en avant les aides à l’achat et l’élargissement de l’offre de modèles. Deux autres éléments ont changé pour les acheteurs cette année : le prix des carburants et la percée des marques chinoises. Les chiffres d’immatriculation ne permettent pas de dire lequel de ces facteurs a le plus pesé.

Les prix à la pompe ont battu des records en septembre. Le 14 septembre, le litre d’essence coûtait en moyenne pondérée 2,063 euros dans l’UE et celui de diesel 2,159 euros, soit les niveaux les plus élevés d’une série qui remonte à 2005, a rapporté Euronews à partir des données de la Commission européenne.

Les prix grimpent depuis que la guerre avec l’Iran, déclenchée fin février, a perturbé les flux d’énergie par le détroit d’Ormuz. Le Bulletin pétrolier hebdomadaire de la Commission affichait encore, au 19 octobre, 1,99 euro le litre d’essence et 2,14 euros le litre de diesel.

Les deux premiers marchés de l’UE subventionnent les acheteurs. En Allemagne, le dispositif fédéral accorde aux ménages sous conditions de ressources une aide de 3 000 euros pour une voiture électrique immatriculée depuis le 1er janvier 2026, et jusqu’à 6 000 euros selon les revenus et le nombre d’enfants. Le guichet en ligne a ouvert le 19 mai, avec 3 milliards d’euros prévus pour environ 800 000 véhicules jusqu’en 2029, selon le ministère allemand de l’Environnement. La France a relancé le leasing social le 16 juillet : des voitures électriques louées aux ménages modestes 200 euros par mois au plus, avec une enveloppe de 401 millions d’euros pour au moins 50 000 foyers, selon le ministère de la Transition écologique.

Les marques chinoises gagnent du terrain. Dans l’UE, au Royaume-Uni et dans les pays de l’AELE, où les immatriculations ont augmenté de 10,2 % en septembre, à 1,36 million, Chery a presque triplé ses ventes et BYD les a presque doublées, selon Reuters. Sur le seul périmètre de l’UE, le tableau de l’ACEA crédite BYD de 28 309 immatriculations en septembre, en hausse de 111,4 %.

Les quatre groupes chinois retenus par Reuters ont pris 14,6 % du marché de l’UE, du Royaume-Uni et de l’AELE réunis, contre 9,6 % un an plus tôt. Parmi eux figure Geely, propriétaire de Volvo Cars et de la marque Zeekr, qui fabrique les monospaces que Waymo transforme en robotaxis.

Une série de deux mois, sous conditions

Ces deux mois d’avance coïncident avec des carburants proches de leurs records et de nouvelles aides versées en Allemagne et en France. Une partie du gain pourrait s’effacer si les prix à la pompe redescendent. Le leasing social français dispose d’une enveloppe fermée. L’Espagne, l’Italie et la Pologne montrent qu’une bonne partie de l’UE n’a pas fait la même bascule.

Les volumes bruts vont dans le même sens. En septembre, l’UE a immatriculé 652 081 voitures neuves à moteur essence ou diesel, dont 330 693 hybrides et 102 267 hybrides rechargeables, contre 290 117 électriques.

Notre analyse

Le marché du neuf évolue bien plus vite que le parc en circulation. L’UE comptait 256 millions de voitures particulières en 2024, selon le dernier rapport de l’ACEA sur le parc : 49,2 % roulaient à l’essence, 38,4 % au diesel et 2,3 % uniquement sur batterie, pour un âge moyen de 12,7 ans. Au rythme de cette année, soit environ 2,6 millions d’électriques neuves, les ventes ajoutent à peu près un point par an à la part de l’électrique dans le parc.

La Norvège montre combien ce décalage peut durer. En septembre, 18 511 des 18 733 voitures neuves immatriculées dans le pays étaient électriques, selon l’ACEA, mais seulement 27,7 % des voitures en circulation l’étaient en 2024. Le Danemark, à 88,8 % des ventes en septembre, comptait 12,1 % d’électriques dans son parc en 2024. Au cours des cinq à vingt prochaines années, à mesure que les voitures achetées en 2026 vieilliront, une part croissante de la transition passera par le marché de l’occasion, les bornes de recharge publiques et le réseau électrique.

Reste à savoir si les acheteurs continueront de choisir l’électrique en cas de baisse des prix à la pompe. Les chiffres d’octobre de l’ACEA, attendus en novembre, seront le prochain point de repère.

Sources

Image d’en-tête : graphique MACCUS, données ACEA, immatriculations de voitures neuves dans l’UE, septembre 2025, août 2026 et septembre 2026

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