Un cabinet passe une grande partie de ses heures sur trois corvées : saisir des pièces, rapprocher des paiements, et courir après les justificatifs manquants avant une clôture. Ce guide montre comment faire faire le premier jet de ces trois tâches par une IA, puis comment vérifier son travail avant de valider quoi que ce soit.
Rien de ce qui suit ne remplace votre jugement. L’IA prépare, vous contrôlez, et vous restez seul responsable de la déclaration et de son dépôt. Tous les exemples de ce guide utilisent des documents fictifs.
Ne passez à de vraies données clients qu’une fois votre cadre validé : plan professionnel, minimisation des données, autorisations et termes de sous-traitance adaptés (voir la section secret professionnel).
Ce que vous allez produire
À la fin de ce guide, vous aurez trois livrables reproductibles :
- une extraction chiffrée d’une facture fournisseur, avec un compte de charge proposé et un contrôle TVA ;
- un rapport d’écarts sur un rapprochement bancaire, avec les doublons et les paiements partiels signalés ;
- un lot de brouillons de relance pour pièces manquantes, prêts à relire avant envoi.
Prérequis : un assistant IA et un tableur pour ouvrir les fichiers CSV. Les exercices de ce guide n’emploient que des données fictives, donc n’importe quel compte suffit pour apprendre.
Avant de traiter de vraies données clients, prévoyez un abonnement professionnel (voir la section modèle et la section secret professionnel) et le droit d’exporter depuis votre logiciel comptable. Aucune compétence technique, aucune installation, aucun connecteur n’est nécessaire pour les trois tâches. Un export CSV ou un copier-coller suffit.
Avant de commencer : secret professionnel et données clients
Le secret professionnel encadre tout ce que vous confiez à un outil externe. En Belgique, l’ITAA, et en France, l’Ordre des experts-comptables, publient des consignes sur l’usage de l’IA. Vérifiez la version en vigueur pour votre institution avant de traiter des données réelles.
Trois règles pratiques tiennent la route dans tous les cas :
- N’utilisez jamais un plan gratuit ou grand public pour des données clients. Ces formules peuvent réutiliser vos saisies pour entraîner les modèles. Les offres professionnelles (Team, Business ou Enterprise selon l’éditeur : ChatGPT, Claude, Google Workspace, Microsoft 365 Copilot, Le Chat de Mistral) excluent cet entraînement par défaut. Confirmez ce réglage dans les paramètres de confidentialité de votre compte, car un abonnement payant à titre personnel n’ouvre pas forcément les mêmes garanties qu’une offre entreprise.
- Un dossier de paie contient souvent des données sensibles au sens de l’article 9 du RGPD : arrêts maladie et données de santé, affiliation syndicale, données de mutuelle. Le salaire, l’adresse ou le numéro de compte d’un employé sont des données personnelles ordinaires, mais dès qu’une pièce touche à la santé ou à un syndicat, le régime renforcé de l’article 9 s’applique. Traitez ces documents avec un soin particulier, ou pas du tout tant que votre cadre n’est pas validé.
- Pour apprendre et pour tester des prompts, servez-vous de données fictives, comme les fichiers de ce guide. Remplacer des noms par des étiquettes est une pseudonymisation, pas une anonymisation : un pseudonyme ou l’exclusion de l’entraînement ne suffit pas, à lui seul, à rendre un dossier client conforme. Un usage sur de vraies données demande une minimisation, des termes de sous-traitance et des autorisations adaptées à votre profession.
Sur la résidence des données, retenez que l’interface web publique de la plupart des assistants ne garantit pas un stockage en Europe, et gardez le stockage distinct du lieu de traitement. Une exigence stricte de localisation se vérifie produit par produit : la nationalité de l’éditeur ne prouve rien, et l’endroit où les données sont traitées dépend du plan, de la région choisie, des catégories de données et des engagements du contrat.
Selon les cas, on examine par exemple les options de région d’un fournisseur cloud, comme Claude via AWS Bedrock, ou les offres à résidence européenne annoncées par Mistral, Google Workspace ou Microsoft. Chaque promesse doit être confirmée dans le contrat et la documentation du plan concerné, pas déduite du pays d’origine. La section modèle renvoie vers l’article de référence pour le détail.
Tâche 1 : extraire les données d’une facture fournisseur
Objectif : transformer une facture en ligne d’écriture proposée, avec un contrôle TVA immédiat. C’est la tâche la moins risquée pour débuter, car vous pouvez tout faire par copier-coller.
Application : n’importe quel assistant conversationnel (ChatGPT, Claude, Gemini, Le Chat). Pour cet exercice sur données fictives, n’importe quel compte convient, y compris un compte gratuit. Le plan professionnel n’est utile que pour de vraies données clients, comme expliqué dans la section secret professionnel.
Entrée : le fichier factures_fournisseurs.txt, deux factures fictives, reproduit ci-dessous. Vous pouvez aussi coller le texte d’une facture, ou déposer une image dans un assistant qui lit les images.
Voir et copier le contenu de examples/factures_fournisseurs.txt (données fictives)
Exemple synthétique. Aucune donnée réelle. Deux factures fournisseurs fictives à saisir.
--- Facture 1 ---
Fournisseur : Papeterie Lemaire SRL
Numéro de TVA : BE 0123.456.789
Facture n° 2026-0457
Date : 03/09/2026
Ramettes papier A4 (10 boîtes) : 120,00 EUR HT
Cartouches d'encre (2) : 80,00 EUR HT
Total HT : 200,00 EUR
TVA 21 % : 42,00 EUR
Total TTC : 242,00 EUR
Mode de paiement : virement à 30 jours
--- Facture 2 ---
Fournisseur : Restaurant Le Bruegel
Numéro de TVA : BE 0987.654.321
Facture n° 178/2026
Date : 05/09/2026
Repas d'affaires (3 couverts) : montant TTC 78,50 EUR
TVA 12 % comprise
Total TTC : 78,50 EUR
Note : repas client, invité M. Dupont (Dupont SRL)
Étapes :
- Ouvrez une nouvelle conversation dans votre assistant.
- Collez le prompt ci-dessous.
- Collez ensuite le texte des deux factures.
- Lisez le tableau produit et faites les contrôles décrits plus bas.
Prompt à copier :
Vous êtes assistant de saisie comptable pour un cabinet en Belgique.
À partir du texte de facture que je colle ensuite, produisez un tableau
avec une ligne par facture et les colonnes : fournisseur, numéro de TVA,
numéro de facture, date, base HT, taux de TVA, montant de TVA, total TTC,
compte de charge proposé.
Règles :
- Recopiez uniquement les montants présents dans le texte. N'inventez rien.
- Vérifiez que base HT multipliée par le taux donne bien le montant de TVA,
et que HT plus TVA donne le TTC. Signalez tout écart dans une colonne
"contrôle".
- Le compte de charge est une proposition, pas une certitude. Ajoutez un
point d'attention si la déductibilité de la TVA mérite une vérification.
- Si une facture ne donne que le total TTC et le taux, calculez la base HT
= TTC / (1 + taux) et la TVA = TTC - base HT, puis vérifiez la cohérence.
- Si le taux ou le total sont eux-mêmes absents ou illisibles, écrivez
"à vérifier" au lieu de deviner.
Sortie attendue, pour les deux factures fictives :
| Fournisseur | N° facture | Date | HT | Taux | TVA | TTC | Compte proposé | Contrôle |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Papeterie Lemaire SRL | 2026-0457 | 03/09/2026 | 200,00 | 21 % | 42,00 | 242,00 | Fournitures de bureau | 200 x 21 % = 42 ; 200 + 42 = 242, cohérent |
| Restaurant Le Bruegel | 178/2026 | 05/09/2026 | 70,09 | 12 % | 8,41 | 78,50 | Frais de restaurant | TVA sur restaurant à vérifier : en principe non déductible en Belgique |
Contrôle humain : recalculez une ligne à la main. Pour la facture 2, la TVA sur les frais de restaurant n’est en principe pas déductible en Belgique, quel que soit le taux affiché. C’est exactement le genre d’arbitrage que l’IA ne tranche pas à votre place.
Erreur courante et correction : sur une facture au TTC inclus, l’assistant arrondit parfois la base HT (70,00 au lieu de 70,09) ou oublie la note de déductibilité.
La parade ne consiste pas à faire confiance à un modèle réputé « plus fort » : recalculez la ligne vous-même, ou demandez à l’assistant d’utiliser son outil de calcul, puis vérifiez le résultat. Aucun modèle ne dispense de ce contrôle. Si un montant semble inventé, redemandez : « Citez la ligne exacte du texte d’où vient ce montant. »
Tâche 2 : contrôler un rapprochement bancaire
Objectif : repérer les doublons, les paiements partiels et les écritures sans facture, sur un relevé face aux factures ouvertes. Ici encore, un simple export CSV suffit.
Application : un assistant capable de lire des fichiers joints, ou un copier-coller du contenu des deux CSV.
Entrées : factures_ouvertes.csv (trois factures ouvertes) et releve_bancaire.csv (cinq lignes de banque), reproduits ci-dessous. Pour cet exercice, utilisez ces deux fichiers fictifs. Le jour où vous passerez à vos vraies données, après l’évaluation décrite dans la section secret professionnel, vous exporterez l’équivalent depuis votre logiciel comptable : la plupart proposent un export CSV ou Excel du grand livre et du relevé, sinon copiez les colonnes utiles dans un tableur.
Voir et copier le contenu de examples/factures_ouvertes.csv (données fictives)
facture,client,montant_ttc,statut
FACT-2026-118,Dupont SRL,1210.00,ouverte
FACT-2026-120,Martin SA,1000.00,ouverte
FACT-2026-121,Lambert SCRL,605.00,ouverte
Voir et copier le contenu de examples/releve_bancaire.csv (données fictives)
date,libelle,montant
2026-09-02,Virement Dupont SRL communication FACT-2026-118,1210.00
2026-09-03,Frais de tenue de compte,-12.50
2026-09-04,Virement Martin SA acompte,500.00
2026-09-05,Virement Dupont SRL communication FACT-2026-118,1210.00
2026-09-08,Virement Lambert SCRL FACT-2026-121,605.00
Étapes :
- Déposez les deux fichiers dans une conversation, ou collez leur contenu.
- Collez le prompt ci-dessous.
- Lisez le rapport d’écarts, puis vérifiez chaque ligne signalée contre le CSV.
Prompt à copier :
Vous comparez un relevé bancaire à une liste de factures clients ouvertes.
Les deux fichiers sont fournis. Produisez :
1. Un tableau de lettrage : pour chaque facture ouverte, la ligne de banque
qui correspond, ou "aucun paiement trouvé".
2. Une liste d'écarts, avec pour chacun le motif : doublon possible,
paiement partiel avec le reste dû, ou écriture bancaire sans facture liée.
3. Un contrôle chiffré : total des crédits clients du relevé, total attendu
si chaque facture était payée une seule fois, et explication de la
différence.
Règles :
- N'utilisez que les lignes présentes dans les fichiers.
- Passez en revue chaque ligne du relevé une par une ; n'en oubliez aucune.
- Citez le numéro de facture et la date de chaque ligne que vous rapprochez.
- Pour le contrôle chiffré, additionnez explicitement, ligne par ligne, les
crédits clients (montants positifs), puis donnez le total.
- Une même facture peut recevoir plusieurs virements : signalez tout virement
en trop comme "doublon possible, à vérifier".
Sortie attendue, sur les fichiers fictifs :
- FACT-2026-118 (1210,00) rapprochée du virement du 02/09. Lettrée.
- FACT-2026-121 (605,00) rapprochée du virement du 08/09. Lettrée.
- Écart 1, doublon possible : un second virement de 1210,00 le 05/09 avec la même communication FACT-2026-118. La facture semble déjà réglée le 02/09. À vérifier avant toute action.
- Écart 2, paiement partiel : FACT-2026-120 (1000,00) ne reçoit qu’un acompte de 500,00 le 04/09. Reste dû 500,00.
- Écart 3, écriture sans facture : frais de tenue de compte de 12,50 le 03/09, à passer en charge bancaire.
- Contrôle chiffré : total des crédits clients 3525,00 ; total attendu si tout est payé une fois 2815,00 ; différence de 710,00 expliquée par le doublon de 1210,00 et le manque de 500,00 sur Martin SA.
Contrôle humain : ouvrez le CSV et confirmez que le doublon est réel (même facture, deux virements) avant de contacter le client. Recalculez le reste dû sur la facture partielle (1000 moins 500 égale 500).
Erreur courante et correction : l’assistant additionne mal une colonne longue, ou signale une ligne qui n’existe pas. Sur des volumes réels, demandez le raisonnement chiffré, pas seulement la conclusion, et vérifiez toujours les totaux dans le tableur. Pour un gros fichier, découpez-le par période plutôt que de tout donner d’un coup.
Tâche 3 : préparer les relances de pièces manquantes
Objectif : produire des brouillons de relance personnalisés à partir de la liste des transactions sans justificatif, calés sur la prochaine échéance. C’est la tâche « clarification client » qui débloque une clôture.
Application : n’importe quel assistant conversationnel. Sur données fictives, n’importe quel compte convient. Les brouillons restent chez vous ; rien n’est envoyé par l’outil.
Entrées : pieces_manquantes.csv (quatre écritures, dont trois sans justificatif) et contexte_client.txt (contexte fictif du client), reproduits ci-dessous.
Voir et copier le contenu de examples/pieces_manquantes.csv (données fictives)
date,compte,libelle,montant,justificatif
2026-08-12,613000,Abonnement logiciel SaaS,49.00,manquant
2026-08-19,640000,Frais de parking,15.00,manquant
2026-08-22,611000,Achat fournitures de bureau,242.00,present
2026-08-28,613000,Publicite en ligne,120.00,manquant
Voir et copier le contenu de examples/contexte_client.txt (données fictives)
Exemple synthétique. Aucune donnée réelle.
Client : Boulangerie Petit SRL (client fictif)
Contact : Sophie (gérante)
Ton habituel : cordial, tutoiement non, vouvoiement
Régime TVA : déclarant trimestriel
Date interne de collecte des pièces (fixée par le cabinet) : 10 octobre 2026
Rappel : dépôt légal de la déclaration TVA du 3e trimestre via Intervat au plus tard le 25 octobre 2026
Historique : client ponctuel, répond en général sous quelques jours
Étapes :
- Collez le contenu des deux fichiers dans la conversation.
- Collez le prompt ci-dessous.
- Relisez chaque brouillon, corrigez les faits, puis envoyez vous-même depuis votre messagerie.
Prompt à copier :
Vous rédigez une relance de pièces manquantes pour un client d'un cabinet
comptable. Je fournis la liste des écritures et le contexte client.
Produisez :
1. Un e-mail de relance en français, ton vouvoiement cordial, qui liste
seulement les écritures dont le justificatif est "manquant", avec date
et montant, et rappelle la date interne de collecte des pièces indiquée
dans le contexte (fixée en amont du dépôt légal de la déclaration).
2. Une checklist interne courte pour le collaborateur : ce qui reste à
obtenir et la date limite pour relancer une seconde fois.
Règles : n'inventez aucun montant ni aucune pièce. Ne mentionnez pas les
écritures dont le justificatif est déjà présent. N'envoyez rien ; produisez
un brouillon.
Sortie attendue : un e-mail qui demande les justificatifs de trois dépenses (49,00 du 12/08, 15,00 du 19/08, 120,00 du 28/08), rappelle la date interne de collecte des pièces fixée au 10 octobre 2026 (en amont du dépôt légal de la déclaration TVA, prévu au 25 octobre 2026), et ignore l’achat de fournitures de 242,00 déjà justifié. Plus une checklist interne avec la date d’une relance de suivi.
Contrôle humain : vérifiez que les trois montants correspondent bien au CSV et qu’aucune pièce déjà reçue n’est listée. Distinguez deux dates : la date interne de collecte des pièces, fixée par le cabinet (ici le 10 octobre 2026), et le dépôt légal de la déclaration, qui vient après.
En Belgique, depuis la réforme de la chaîne TVA de 2025, un déclarant trimestriel dépose via Intervat au plus tard le 25 du mois suivant le trimestre, un déclarant mensuel le 20 du mois suivant (source : SPF Finances, « La nouvelle chaîne TVA »). En France, le calendrier de TVA diffère : vérifiez-le sur impots.gouv.fr.
Erreur courante et correction : le brouillon promet trop, ou cite une écriture déjà justifiée. Gardez la règle « ne liste que les manquants » dans le prompt, et ne laissez jamais l’outil envoyer directement. La validation avant envoi est votre garde-fou, pas une option.
Créer un Projet réutilisable pour le cabinet
Refaire les mêmes consignes à chaque conversation fait perdre du temps. Les principaux assistants proposent un espace réutilisable : Projects chez ChatGPT et chez Claude, Gems chez Gemini. Vous y déposez des documents de référence et des instructions permanentes, et chaque nouvelle conversation démarre avec ce contexte.
Un Projet utile pour un cabinet contient, par exemple :
- votre plan comptable abrégé et vos conventions de libellés ;
- un mémo des taux de TVA et des cas de non-déductibilité fréquents ;
- le ton de vos e-mails clients ;
- la règle absolue : proposer, jamais valider ni envoyer.
Instruction permanente à coller dans le Projet :
Tu assistes un cabinet comptable belge. Tu prépares des brouillons et des
contrôles ; tu ne valides jamais une écriture, une déclaration ou un envoi.
Tu n'utilises que les chiffres présents dans les fichiers fournis et tu
signales "à vérifier" dès qu'une donnée manque ou qu'une déductibilité est
incertaine. Tu réponds en français, de façon concise, avec des tableaux
quand c'est utile.
Réservez ces espaces réutilisables à un plan professionnel dès que des données clients entrent en jeu. Un espace réutilisable garde vos consignes et vos documents de référence à portée, mais il ne transforme pas l’assistant en système autonome, ce que la section suivante détaille.
Choisir le modèle selon la tâche
Vous n’avez pas besoin de connaître tous les modèles. Une seule distinction compte au quotidien : tâche rapide contre tâche de raisonnement. Les noms de version changent tous les quelques mois, alors repérez dans votre compte la version rapide et la version avancée plutôt que de mémoriser un numéro, et vérifiez le nom courant sur la page officielle de l’éditeur.
- Pour du tri, une extraction courte, une reformulation : un modèle rapide et économique suffit. Chaque éditeur (OpenAI, Anthropic, Google, Mistral) propose une version « rapide » à bas coût dans sa gamme.
- Pour analyser une balance, contrôler des écarts ou rédiger une note de synthèse longue : la version « avancée » de la même gamme, à plus grand contexte. Le rapprochement de la Tâche 2 le montre, un assistant peut oublier une ligne ou additionner mal une longue colonne. Aucune version, « avancée » ou non, ne garantit l’arithmétique : la sécurité vient du contrôle déterministe (recalcul, tableur, outil de calcul), pas du choix du modèle.
Ne confondez pas les briques. Le modèle est le moteur. L’application grand public (ChatGPT, Claude, Gemini, Le Chat) est l’interface. L’abonnement est la formule qui donne accès aux modèles et fixe les limites d’usage.
L’API est l’accès pour développeurs. Un connecteur relie l’assistant à un logiciel. Un runner d’automatisation (Zapier, Make, n8n, ou une tâche planifiée) déclenche et exécute sans vous.
Si votre cabinet vit dans Excel et Outlook, Microsoft 365 Copilot travaille là où vous êtes déjà. Si votre priorité est la localisation européenne des données, examinez les offres à résidence européenne des éditeurs, dont les conditions varient selon le plan et la région, et faites confirmer par contrat le lieu de traitement et les catégories couvertes. La localisation seule ne prouve pas la conformité.
Les prix, les limites d’usage et les dates de sortie changent vite. Pour la grille à jour et la méthode de choix détaillée, voyez l’article de référence sur les modèles et les agents. Vérifiez toujours la disponibilité exacte dans votre compte, sur la page officielle de l’éditeur.
Coordinateur et sous-agents : ce qui est réel, ce qui ne l’est pas
Vous lirez partout qu’un « système multi-agents » automatise un cabinet. Voici la vérité utile.
Le schéma coordinateur plus sous-agents reprend l’organisation d’un cabinet. Un coordinateur reçoit la demande, la découpe, et confie chaque bout à un spécialiste : l’un extrait les données, un autre analyse les flux, un troisième rédige. Le coordinateur rassemble, contrôle, puis vous soumet le résultat pour validation.
Attention au piège. Donner trois « rôles » dans un seul prompt ne crée pas trois agents. Copier une réponse d’une conversation vers une autre est une délégation manuelle : c’est vous le coordinateur.
Un Projet grand public ne devient pas, par magie, un système autonome. Une vraie orchestration connectée demande des outils, des accès autorisés, et une mise en place technique.
Exercice manuel, faisable dès aujourd’hui sans rien installer. Reprenez les tâches ci-dessus dans l’ordre, en jouant vous-même le coordinateur :
- Conversation 1, extraction : la Tâche 1 sur les factures fictives fournies.
- Conversation 2, contrôle : la Tâche 2 sur le relevé et les factures ouvertes fictifs.
- Conversation 3, rédaction : la Tâche 3 sur le contexte client fictif.
- Vous, coordinateur humain : vous reliez les trois, vous vérifiez, vous validez et vous envoyez.
Cet exercice donne le bénéfice du découpage sans connecteur ni envoi automatique. Chaque étape reste sous vos yeux.
Ce que change une orchestration réelle. Pour que le coordinateur lise vos factures ouvertes et prépare les relances sans copier-coller, il faut connecter l’assistant à votre logiciel. Deux voies existent en 2026 : un connecteur MCP quand l’éditeur en propose un (par exemple pour certains ERP), ou un runner d’automatisation qui fait le pont. Pour Odoo, voyez comment brancher Claude sur Odoo en lecture seule.
Cela suppose des droits d’accès, un paramétrage des permissions, et une étape de validation humaine avant toute action sortante. C’est un projet, pas une case à cocher, et il se décide en fonction de vos logiciels réels.
Votre checklist pour la prochaine séance
- Ouvrir un plan professionnel (entraînement exclu par défaut) avant de toucher à des données clients.
- Refaire les trois tâches sur les fichiers fictifs de ce guide pour prendre la main, avant tout usage sur de vraies données.
- Créer un Projet du cabinet avec le plan comptable, les taux de TVA et l’instruction permanente.
- Recalculer à la main au moins une ligne de chaque sortie IA avant de valider.
- Ne jamais laisser l’outil déposer une déclaration ni envoyer un e-mail sans votre relecture.
- Vérifier les échéances : en Belgique, dépôt Intervat au 20 du mois suivant pour un mensuel, au 25 pour un trimestriel ; en France, se référer au calendrier d’impots.gouv.fr.
Aller plus loin
Pour la vue d’ensemble et le choix d’une première tâche selon votre métier, lisez le guide pilier. Pour comparer les modèles et monter un exercice coordinateur plus sérieux, voyez l’article de référence. Si vos clients sont surtout des indépendants, l’article pour consultants et freelances éclaire leur côté de la relation.
Si vous voulez transformer cet essai en flux de travail installé, avec les connexions et les autorisations décidées avec vous, MACCUS met en place un assistant accessible par Telegram, en texte, voix et documents, en français, anglais et néerlandais, sur votre propre abonnement Claude.
Les connexions à un logiciel comptable, à Drive ou à la messagerie sont étudiées au cas par cas selon vos droits d’accès, et toute action sortante passe par l’étape de validation que vous choisissez. Ce n’est pas une solution tout-en-Europe ni une garantie de conformité, et l’assistant ne dépose aucune déclaration à votre place. Parlons de votre cas concret.