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Microsoft propose un départ volontaire à environ 60 000 salariés dans quatre pays

Canada, Inde, Royaume-Uni, États-Unis : plus d'un quart des salariés de Microsoft peut partir avec une aide financière. Réponse attendue début décembre.

Microsoft a ouvert lundi 26 octobre 2026 une « offre de départ volontaire » (Voluntary Exit Offer) à une partie de ses salariés au Canada, en Inde, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Environ 60 000 personnes y ont droit, soit plus d’un quart des effectifs du groupe, a précisé un porte-parole de Microsoft à Business Insider. Amy Coleman, vice-présidente exécutive et directrice des ressources humaines, a annoncé l’offre dans un message aux salariés, mis en ligne le même jour sur le blog officiel de Microsoft.

C’est le deuxième programme de départs volontaires du groupe en 2026, six mois après une offre de retraite volontaire réservée aux salariés américains. L’offre arrive deux jours avant la publication des résultats trimestriels, mercredi 28 octobre. Le message de Microsoft ne parle pas d’intelligence artificielle, contrairement à la banque britannique Barclays, qui a annoncé le 22 octobre la suppression d’environ 5 000 postes, en citant l’IA parmi ses raisons.

Le message d’Amy Coleman

Publié à 16 h 33 (heure de Paris), le texte reprend un message diffusé sur Viva Engage, le réseau social interne de Microsoft, « légèrement modifié pour un usage externe ». L’offre vise les salariés éligibles « des équipes participantes » dans les quatre pays, « au niveau 70 et en dessous » de la grille interne du groupe. Amy Coleman la décrit comme « un programme volontaire et limité dans le temps », qui permet de quitter Microsoft « avec un soutien financier et des ressources d’accompagnement de carrière ».

« Certaines divisions proposent l’offre de départ volontaire, d’autres non », précise-t-elle : la participation dépend « des priorités de chaque activité, des engagements envers les clients et des besoins en effectifs ». L’offre donne aux salariés qui envisagent leur avenir hors du groupe la possibilité de partir dès maintenant, avec un accompagnement. Elle fournit aussi aux divisions participantes « un autre moyen d’adapter leurs effectifs à l’évolution des besoins ».

Les salariés éligibles devaient recevoir dans les heures suivantes un courriel détaillant leur offre. « L’offre de départ volontaire est nouvelle pour nous. Nous en tirerons des enseignements », écrit encore Amy Coleman.

Extraits du message « Introducing a Voluntary Exit Offer » publié sur le blog officiel de Microsoft le 26 octobre 2026 : l'offre vise les équipes participantes au Canada, en Inde, au Royaume-Uni et aux États-Unis, au niveau 70 et en dessous
Capture (extraits) : « Introducing a Voluntary Exit Offer », blog officiel de Microsoft, 26 octobre 2026

Environ 60 000 éligibles, réponse attendue début décembre

Selon le porte-parole de Microsoft interrogé par Business Insider, environ 60 000 salariés pourront prétendre à l’offre, un ordre de grandeur également rapporté lundi par Bloomberg et le Seattle Times. Ils auront jusqu’au début du mois de décembre pour se décider, et ceux qui acceptent quitteront l’entreprise à la fin de l’année. Les conditions seront proches de celles de l’indemnité de départ habituelle du groupe, et aucune autre offre de départ n’est prévue à ce stade, a ajouté le porte-parole.

Le niveau 70 englobe des cadres dirigeants, indique Business Insider, et plusieurs pans du groupe ne participent pas : les équipes commerciales, une partie de l’ingénierie et certaines fonctions centrales. Lors des licenciements de cette année aux États-Unis, rappelle Business Insider, l’indemnité comprenait au moins 60 jours de salaire de base et, pour la plupart des salariés, jusqu’à 39 semaines selon le niveau et l’ancienneté.

Au 30 juin 2026, Microsoft employait environ 223 000 personnes à temps plein, dont 121 000 aux États-Unis, selon son rapport annuel déposé auprès de la SEC, l’autorité boursière américaine. Un an plus tôt, le groupe en comptait 228 000.

Graphique : Microsoft comptait 228 000 salariés à temps plein au 30 juin 2025 et 223 000 au 30 juin 2026 ; environ 60 000 sont éligibles à l'offre de départ volontaire d'octobre 2026
Graphique MACCUS. Données : Microsoft, rapports annuels 10-K (SEC) ; Business Insider, 26 octobre 2026

Une deuxième offre, plus large que celle d’avril

Le 23 avril, Microsoft a annoncé le premier programme de départs volontaires de ses 51 ans d’histoire, selon CNBC. Réservé aux États-Unis, il s’adressait aux salariés, jusqu’au grade de senior director, dont l’âge et l’ancienneté cumulés atteignaient au moins 70. Environ 7 % des salariés américains y avaient droit, d’après une source citée par CNBC, et les salariés relevant d’un plan de primes commerciales en étaient exclus.

Le 29 avril, lors de la présentation des résultats, la directrice financière Amy Hood a intégré à ses prévisions environ 900 millions de dollars de coûts non récurrents liés à ce programme (environ 800 millions d’euros au cours de la BCE du 26 octobre). Le 6 juillet, Amy Coleman a indiqué que plus de 30 % des salariés éligibles l’avaient accepté et que le groupe continuerait « d’explorer des approches similaires ».

L’offre d’octobre couvre quatre pays au lieu d’un et dépend du choix de chaque division. Microsoft la présente comme le prolongement de « ce que nous avons appris plus tôt cette année » avec la retraite volontaire, sans préciser si le critère d’âge et d’ancienneté du printemps s’applique encore.

Des effectifs déjà en baisse

Lors de la présentation du 29 avril, Microsoft prévoyait une baisse de ses effectifs sur l’exercice ouvert en juillet. Le groupe tablait aussi sur environ 190 milliards de dollars de dépenses d’investissement sur l’année civile 2026 (environ 170 milliards d’euros), dont environ 25 milliards dus à la hausse du prix des composants.

Le 6 juillet, Microsoft a annoncé la suppression d’environ 4 800 postes, soit 2,1 % de ses effectifs mondiaux, surtout dans ses divisions Commercial et XBOX. Selon la note d’Amy Coleman publiée ce jour-là, plus de 4 000 salariés avaient été réaffectés à d’autres postes au cours de l’année écoulée. Amy Coleman y prévenait que « d’autres changements » suivraient, ailleurs dans l’entreprise.

La même note affirmait que « les postes supprimés aujourd’hui ne sont pas remplacés par l’IA ». Elle ajoutait que « l’IA change la façon dont le travail se fait » et que certaines tâches quotidiennes peuvent désormais être automatisées.

Les questions sans réponse avant mercredi

Le message officiel ne donne ni le nombre de salariés concernés, ni le montant des indemnités, ni la date limite. Les chiffres disponibles viennent du porte-parole cité par Business Insider, et les conditions détaillées ne figurent que dans les courriels envoyés aux salariés. Microsoft n’a chiffré ni le coût de l’offre ni le nombre de départs attendu.

En avril, la directrice financière avait chiffré la retraite volontaire lors de la présentation des résultats, six jours après l’annonce. Les comptes publiés le 28 octobre portent sur le trimestre de juillet à septembre, clos avant cette nouvelle offre, et on ignore si le groupe donnera une estimation ce jour-là.

Le groupe n’explique pas non plus le choix des quatre pays. Aucun État membre de l’Union européenne n’y figure, ni la France ni la Belgique, et le Royaume-Uni est le seul pays européen concerné.

Notre analyse

En six mois, Microsoft est passé d’une offre ponctuelle, limitée aux salariés américains dont l’âge et l’ancienneté cumulés atteignaient 70, à une offre ouverte à environ 60 000 salariés de quatre pays, plus d’un quart de ses effectifs mondiaux. Personne n’est obligé de partir. L’objectif affiché, donner aux divisions « un autre moyen d’adapter leurs effectifs », reste pourtant celui d’une réduction de personnel, dont l’ampleur dépendra du nombre d’acceptations. Business Insider y voit la dernière tentative du groupe pour alléger ses effectifs sans nouvelle vague de licenciements.

Microsoft ne relie pas cette offre à l’IA, alors qu’il prévoyait en avril, dans la même présentation, environ 190 milliards de dollars de dépenses d’investissement pour 2026 et une baisse de ses effectifs. En juillet, le groupe assurait que l’IA ne remplaçait pas les postes supprimés.

D’autres employeurs font ce lien ouvertement, comme Barclays. Au Japon, selon une enquête du Nikkei, plus d’une grande entreprise sur cinq pourrait embaucher moins de diplômés dès 2029 avec l’essor de l’IA. Aux Pays-Bas, le gouvernement cite l’IA parmi les leviers d’un plan qui prévoit environ 25 000 postes de fonctionnaires en moins d’ici 2035. Le rendement des investissements dans l’IA reste discuté : le 24 octobre, l’économiste en chef d’Apollo, Torsten Slok, écrivait que l’IA n’avait encore rien rapporté aux entreprises américaines hors du secteur technologique.

Les deux prochaines échéances sont la présentation des résultats, mercredi 28 octobre, puis la date limite, début décembre. À cette échéance, le groupe saura combien de salariés acceptent de partir, sans s’être engagé à publier ce chiffre ; ces départs prendront effet à la fin de l’année. Amy Coleman avait annoncé d’autres changements en juillet, et le porte-parole a seulement indiqué qu’aucune autre offre de départ n’était prévue à ce stade.

Sources

Image d’en-tête : schéma MACCUS. Données : Microsoft, CNBC et Business Insider, avril à octobre 2026

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