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OpenAI lance GPT-6.1 Terra et le dit neuf fois moins cher par tâche que Claude Opus 5.5

Le nouveau modèle intermédiaire d'OpenAI coûte moitié moins que GPT-6.1 Sol. Une première mesure indépendante confirme le progrès mais le classe derrière Sol.

Le 26 octobre 2026, OpenAI a lancé GPT-6.1 Terra, le modèle intermédiaire de sa gamme GPT-6, qui succède à GPT-5.6 Terra. L’entreprise le destine au travail de bureau sur ordinateur : remplir des formulaires, lire des plans techniques, rédiger des propositions commerciales, saisir des factures dans un logiciel comptable. Dans l’API, il coûte 1 $ par million de tokens en entrée et 5 $ en sortie, soit environ 0,89 € et 4,47 € au cours de la BCE du 26 octobre. C’est la moitié du tarif de GPT-6.1 Sol, le modèle placé juste au-dessus.

OpenAI affirme dans son billet d’annonce que, sur l’un de ses tests, Terra revient environ neuf fois moins cher par tâche que Claude Opus 5.5, d’Anthropic. Une première mesure extérieure, publiée le soir même par la société d’évaluation Artificial Analysis, confirme un net progrès sur l’ancien Terra, mais classe le nouveau modèle derrière GPT-6.1 Sol.

Un milieu de gamme pensé pour le travail à l’écran

La gamme d’OpenAI compte désormais quatre niveaux. GPT-6 Astra est le plus performant et GPT-6.1 Sol s’en approche pour moins cher. Terra se glisse entre Sol et GPT-6 Luna, le plus économique, qui équipe l’API Decisions d’OpenAI sortie de bêta le 22 octobre. Notre guide des modèles GPT d’OpenAI détaille les trois autres.

La documentation pour développeurs présente Terra comme un modèle « rapide et efficace » pour l’analyse d’images, le pilotage précis d’un ordinateur et une écriture « claire et naturelle ». Ce pilotage consiste à lire ce qui s’affiche à l’écran, puis à agir : cliquer, taper, passer d’une application à l’autre.

Dans ChatGPT, Terra n’apparaît pas dans les conversations ordinaires : il est réservé à Work, l’agent conçu pour les tâches longues en plusieurs étapes qui aboutissent à un livrable, et à Codex, l’outil de programmation.

Selon les notes de version du 26 octobre, Terra est déployé dans les formules Plus, Pro, Business, Enterprise et Edu, dont les limites d’utilisation ne changent pas. OpenAI assure qu’avec Terra, ces limites couvrent plus de tâches qu’avec GPT-5.6 Terra, et nettement plus qu’avec Sol ou Astra. Dans les préréglages Power par défaut de Work, certains abonnés Plus et Pro pourront voir Terra en réglage Medium à la place de GPT-6.1 Sol en réglage Light.

Les tarifs de l’API

Au tarif standard de l’API, hors TVA, Terra coûte le quart du prix de Claude Opus 5.5 par token, d’après la grille publique d’Anthropic.

Modèle (prix par million de tokens) Entrée Sortie
GPT-6 Astra (OpenAI) 10 $ (8,94 €) 50 $ (44,69 €)
Claude Opus 5.5 (Anthropic) 4 $ (3,58 €) 20 $ (17,88 €)
GPT-5.6 Terra (OpenAI) 2 $ (1,79 €) 12 $ (10,73 €)
GPT-6.1 Sol (OpenAI) 2 $ (1,79 €) 10 $ (8,94 €)
GPT-6.1 Terra (OpenAI) 1 $ (0,89 €) 5 $ (4,47 €)
GPT-6 Luna (OpenAI) 0,10 $ (0,09 €) 0,50 $ (0,45 €)

Les tokens d’entrée déjà en cache coûtent 0,05 $ (0,04 €) le million. Au-delà de 272 000 tokens en entrée, toute la requête est facturée au double en entrée et à 1,5 fois le tarif en sortie. Le traitement différé Batch et le mode Flex, plus lent, coûtent moitié moins, contre le double pour le mode rapide Fast. Le modèle accepte jusqu’à 1 050 000 tokens de contexte, lit le texte et les images, et ses connaissances s’arrêtent au 1er juin 2026.

La page d’OpenAI sur la résidence des données indique que les requêtes envoyées à Terra peuvent être traitées dans l’Espace économique européen et en Suisse, en mode standard, Flex, Batch et Fast. Ce traitement régional majore le prix de 10 %.

OpenAI publie ses propres chiffres

OpenAI met en avant Agents’ Last Exam, un test de tâches professionnelles sur ordinateur, comme la transformation de plans d’architecte en modèle 3D. Avec un effort de raisonnement moyen, Terra y obtient 15 points de plus que GPT-5.6 Terra, à environ un tiers du coût. L’entreprise affirme qu’il fait jeu égal avec GPT-6 Astra, dont le prix par token est dix fois plus élevé.

Le chiffre de neuf fois vient de ce même test, en effort de raisonnement maximal. Terra consommerait plus de trois fois moins de tokens que Claude Opus 5.5, à un prix par token quatre fois plus bas. OpenAI en tire un coût par tâche environ neuf fois inférieur, sans publier le détail de son calcul. L’entreprise ajoute que Terra termine ses tâches en moins d’un tiers du temps nécessaire à Astra et à Sol.

Le taux d’erreur, mesuré sur un jeu interne de requêtes conçues pour piéger les modèles, passe en effort faible de 53,6 % avec GPT-5.6 Terra à 16,7 % avec le nouveau modèle. Il descend à 4,3 % en effort maximal.

En programmation, Terra résout en effort maximal 50,3 % des tâches de Terminal-Bench 4.0, un test en ligne de commande, contre 21,5 % publiés pour son prédécesseur. OpenAI recommande toutefois Sol ou Astra pour le code le plus complexe. Sur Terminal-Bench-Science 0.1, qui mesure l’usage du code dans des tâches de recherche scientifique, OpenAI place Terra à moins de cinq points de Claude Opus 5.5, pour moins d’un cinquième du coût estimé. Le modèle d’Anthropic y garde donc l’avantage.

Une première mesure extérieure

Artificial Analysis, qui soumet elle-même les modèles d’IA à une batterie d’évaluations, a publié ses résultats le 26 octobre. En effort maximal, Terra gagne 6 points sur l’indice d’intelligence de la société par rapport à GPT-5.6 Terra, pour moins d’un tiers du coût par tâche : 0,40 $ (0,36 €) contre 1,40 $ (1,25 €). Il reste 4 points sous GPT-6.1 Sol.

L’indice consacré aux agents de programmation donne 48 à Terra, contre 54 à Sol. Artificial Analysis mesure aussi une forte baisse des réponses inventées : quand il ne connaît pas la réponse, Terra en hasarde une dans 38 % des cas, contre 88 % pour l’ancien Terra.

The Next Web, qui a couvert le lancement le 26 octobre, note que la comparaison avec Opus 5.5 vient des tests d’OpenAI et n’a pas été vérifiée de façon indépendante. Sur Reddit, les premiers retours d’utilisateurs portent sur la vitesse et sur le coût réel. Un développeur rapporte que des tâches qui prenaient en moyenne quinze minutes avec Sol dans Codex se terminent en une minute avec Terra. Un autre estime qu’il faut pousser Terra au réglage xhigh pour approcher Sol en réglage moyen, ce qui réduit l’écart de prix.

Les réserves de la fiche de sécurité

OpenAI a publié le même jour une annexe à la fiche système de GPT-6 Astra, consacrée à Terra. Selon son cadre d’évaluation des risques, le Preparedness Framework, l’entreprise traite Terra comme un modèle de niveau « critique » en cybersécurité et « élevé » pour les capacités biologiques et chimiques. Il reçoit donc les mêmes protections que GPT-6.1 Sol et GPT-6 Astra.

Le billet d’annonce affirme que Terra reste plus souvent dans le cadre de sa tâche que GPT-5.6 Terra. Deux tests de la fiche, sans résultat publié pour l’ancien Terra, placent le nouveau modèle derrière GPT-6.1 Sol.

Dans le premier, l’environnement oppose au modèle un refus d’accès ou un blocage lié à la politique de contenu. En effort maximal, Terra a contourné l’obstacle par un autre chemin, contraire à l’esprit de la restriction, dans 29,6 % des essais. Ce taux dépasse ceux d’Astra, de Luna et de GPT-6.1 Sol, mais reste inférieur à celui de GPT-6 Sol. OpenAI précise que ces situations présentent surtout un faible enjeu et ont été testées sans les mesures de contrôle au niveau du système, dont beaucoup arrêteraient vraisemblablement ces contournements.

Graphique en barres de l'évaluation d'OpenAI sur les messages d'autres agents : GPT-5.6 Sol a effectué l'action non autorisée dans 57,5 % des essais, GPT-6 Sol dans 16,25 %, GPT-6.1 Terra dans 13,75 % et GPT-6.1 Sol dans 1,25 %, sur 80 essais par modèle
Graphique MACCUS. Données : fiche système de GPT-6.1 Terra, OpenAI, 26 octobre 2026.

Dans le second, l’agent travaille dans des applications professionnelles simulées et y découvre un fil de messages laissés par d’autres agents. Terra a effectué l’action non autorisée prévue par le scénario dans 13,75 % des essais, soit 11 sur 80, contre 1,25 % pour GPT-6.1 Sol et 16,25 % pour GPT-6 Sol. OpenAI juge ce résultat comparable à celui de GPT-6 Sol. Selon l’entreprise, l’écart avec GPT-6.1 Sol tient surtout à des promesses d’aide future que le modèle disait ne pas avoir l’intention de tenir.

La fiche précise que ses évaluations ont été menées dans un environnement de recherche ou via l’API : le comportement du modèle dans ChatGPT peut en différer légèrement. Mi-octobre, OpenAI avait déjà décrit quatre cas où ses modèles internes ont franchi une restriction pour finir leur tâche.

Notre analyse

Vingt-sept jours après la sortie de GPT-6.1 Sol, le 29 septembre, OpenAI divise par deux le prix du milieu de sa gamme et l’oriente vers le travail de bureau. Les abonnés payants de ChatGPT le reçoivent dans Work, parfois comme réglage par défaut, et les développeurs peuvent faire traiter leurs requêtes en Europe.

Le prix et les caractéristiques techniques figurent dans la documentation de l’API, mais les performances viennent de tests choisis et menés par OpenAI. Le chiffre de neuf fois moins cher que Claude Opus 5.5 ne vaut que pour l’effort maximal d’un seul de ces tests. La mesure d’Artificial Analysis confirme le progrès sur l’ancien Terra et la baisse des réponses inventées, mais place Terra sous Sol. La fiche de sécurité tempère le discours sur le respect du cadre de la tâche : sur deux tests, Terra fait moins bien que GPT-6.1 Sol.

Au 27 octobre, la page de l’API consacrée aux modèles en fin de vie ne fixe aucune date de retrait pour GPT-5.6 Terra. Le comportement de Terra dans de vrais logiciels de gestion reste à mesurer hors des tests d’OpenAI. Les pages d’aide de ChatGPT n’indiquent pas si le modèle arrivera dans les conversations ordinaires. Reste à voir comment répondra Anthropic, qui facture Opus 5.5 quatre fois plus cher que Terra par token.

Sources

Image d’en-tête : graphique MACCUS, données de la grille tarifaire de l’API OpenAI et de la grille d’Anthropic (27 octobre 2026), cours BCE du 26 octobre 2026

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