Le 15 octobre 2026, LinkedIn a présenté une série de fonctions pour celles et ceux qui travaillent à leur compte ou ont une activité à côté de leur emploi. Parmi elles figurent des consultations individuelles payantes réservées depuis le profil, une part des revenus publicitaires sur les vidéos, un tableau de bord pour les créateurs, une carte de visite numérique, des notes privées sur les profils et le retour des commentaires épinglés.
En France et en Belgique, le tri entre ces nouveautés LinkedIn est vite fait. Les notes privées, la carte de visite et le nouveau tableau de bord sont déjà là ou arrivent dans les semaines et les mois qui viennent. Les fonctions qui rapportent de l’argent restent, pour l’instant, réservées aux États-Unis.
LinkedIn justifie ces nouveautés par ses propres chiffres : le nombre de membres qui se présentent comme fondateurs a progressé de 70 % en un an, et la part des membres qui déclarent plus d’un poste en cours a augmenté de 26 % depuis 2019. Plus de 80 % des créateurs de la plateforme publient tout en ayant un autre emploi, selon le communiqué. Interrogé par Engadget, Hari Srinivasan, directeur produit de LinkedIn, explique que les données de l’entreprise montrent « clairement plus de gens qui créent une entreprise aujourd’hui », tout en jugeant « difficile de dire » si l’IA en est la cause.
Quatre fonctions sans restriction de pays
Les notes privées sont la seule nouveauté que LinkedIn annonce déjà « disponible dans le monde entier ». Les abonnés Premium peuvent ajouter à un profil une note que personne d’autre ne voit, pour se rappeler comment ils ont rencontré la personne, de quoi ils ont parlé et quand reprendre contact. Le réseau ne précise pas quelles formules Premium l’incluent.
Les commentaires épinglés reviennent. Selon le communiqué, les auteurs « peuvent désormais » placer en tête de la discussion le commentaire qu’ils jugent le plus utile, mais aucun pays n’est cité. LinkedIn avait déjà testé cette fonction en 2022 auprès d’une partie de ses membres, avant de l’abandonner peu après, rappelle Social Media Today.
D’après l’article de Sam Corrao Clanon, qui conçoit les outils pour créateurs chez LinkedIn, le nouveau tableau de bord réunit les statistiques d’audience et de contenu, les brouillons, les publications programmées et celles déjà parues. Il doit arriver chez tous les membres « dans les prochaines semaines ». Sur l’application mobile, vous l’ouvrirez en touchant votre photo de profil, en haut à gauche.
La carte de visite numérique se personnalise et s’ajoute au portefeuille numérique du téléphone, pour garder le contact avec les personnes rencontrées en salon ou en rendez-vous. Son déploiement mondial est annoncé « dans les prochains mois ».
| Fonction | Qui y a accès | Où, au 18 octobre 2026 |
|---|---|---|
| Notes privées sur les profils | Abonnés Premium | Monde entier |
| Commentaires épinglés | Auteurs des publications | Disponibles selon LinkedIn, pays non précisés |
| Tableau de bord créateurs | Tous les membres | Monde entier, dans les prochaines semaines |
| Carte de visite numérique | Membres, formule non précisée | Monde entier, dans les prochains mois |
| Consultations payantes | Abonnés Premium Business invités | États-Unis seulement |
| Publicités avant les vidéos des créateurs | Créateurs et annonceurs sélectionnés | Test aux États-Unis |
| Fil « Réseau » | Membres de quatre pays | Test aux États-Unis, en Inde, au Royaume-Uni et en Australie |
Des consultations payantes réservées aux États-Unis
La première fonction qui rapporte de l’argent s’appelle Advice Sessions. Elle permet de vendre une consultation individuelle en visio directement depuis son profil. Réservation, paiement, appel : tout se fait sur LinkedIn.
LinkedIn l’avait déjà annoncée le 12 mai 2026 pour ses abonnés Premium Business américains, comme l’avait relevé PPC Land. Le 15 octobre, le réseau la remet en avant et promet « d’autres marchés bientôt », mais ne donne aucune date.
La page d’aide de LinkedIn, dont la version anglaise a été mise à jour à la mi-octobre, est plus restrictive que le communiqué. Seuls des abonnés Premium Business invités, aux États-Unis, peuvent proposer des séances. La personne qui réserve n’a pas besoin d’abonnement, mais elle doit avoir un profil vérifié et se trouver aux États-Unis. Sam Corrao Clanon cite aussi la formule Premium All-in-One et la possibilité de proposer des séances gratuites.
L’hôte définit des disponibilités récurrentes, par exemple le lundi, le mardi et le vendredi de 14 h à 16 h, et ne peut pas ouvrir un créneau isolé. Les clients réservent jusqu’à 30 jours à l’avance et paient par Stripe.
Côté paiement, l’hôte doit passer la vérification d’identité de Stripe et y enregistrer son compte bancaire. Ses versements sont différés de 30 jours, le temps de régler d’éventuels problèmes, puis il reçoit le montant de la séance, moins les frais de Stripe. LinkedIn a indiqué à Engadget qu’il ne prendrait aucune commission sur ces séances.
L’abonnement Premium Business coûte à partir de 52,49 euros par mois, ou 407,88 euros par an, selon la page tarifaire de LinkedIn consultée le 18 octobre 2026. Depuis la France ou la Belgique, la fonction ne peut pas encore être activée.

Les revenus des vidéos restent un test américain
Les In-Stream Ads sont des publicités diffusées avant les vidéos de créateurs et d’éditeurs éligibles, et les marques n’ont pas à négocier un partenariat avec chacun d’eux. Selon la présentation destinée aux annonceurs, une campagne se configure en choisissant un objectif (notoriété ou vues de vidéo), puis une catégorie de contenus : finance, technologie et IA, santé et bien-être, style de vie et divertissement, leadership ou business. Les créateurs éligibles rejoignent le programme depuis leur tableau de bord et touchent une part des revenus. Pour l’instant, seuls quelques créateurs et annonceurs américains y participent.
LinkedIn ajoute aussi des filtres à sa Creator Marketplace, la plateforme où les marques cherchent des créateurs pour leurs campagnes. Ces filtres portent sur le secteur, la fonction et le niveau hiérarchique de l’audience, l’appartenance au programme Top Voices et les formats publiés. L’accès reste sur invitation et limité à l’Amérique du Nord, selon LinkedIn.
Reste le fil « Réseau », limité aux publications de vos relations et des comptes que vous suivez. LinkedIn le teste aux États-Unis, en Inde, au Royaume-Uni et en Australie. La France et la Belgique n’en font pas partie.
Aucune date pour la France et la Belgique
LinkedIn n’a fixé aucune date pour la France et la Belgique, que ce soit pour les consultations payantes, les publicités avant les vidéos ou le fil « Réseau ». Les conditions de cette ouverture restent inconnues : formule exigée, vérification du profil, devise, délai de versement. LinkedIn n’a encore rien dit de la facturation ni de la TVA pour un hôte européen.
Les limites de l’annonce
Le communiqué du 15 octobre ne donne ni date précise ni la liste des formules Premium qui incluent les notes privées. Il présente les consultations comme ouvertes aux abonnés Premium Business américains, « éligibles » selon sa FAQ, alors que la page d’aide parle d’abonnés invités. Les chiffres sur les fondateurs et les activités multiples viennent de LinkedIn lui-même, qui ne publie pas sa méthode. En mai, le réseau présentait déjà cette hausse de 70 % comme un chiffre américain, d’après PPC Land.
Une consultation vendue sur LinkedIn dépend aussi des règles de la plateforme : vérification obligatoire, paiement par Stripe, versement différé de 30 jours.



