Search Console en retard, positions mal relevées : comment mesurer le spam update

Le 11 octobre 2026, le rapport Performances de la Search Console affichait plus de 64 heures de retard, selon Barry Schwartz, de Search Engine Roundtable. Il a vu ce retard grimper jusqu’à 67 heures dans la journée, avant qu’une actualisation du rapport ne le ramène à 44 heures. D’habitude, le décalage n’est que de quelques heures. Google n’avait fait aucun commentaire quand Barry Schwartz a publié son article.

Ce retard s’ajoute à trois semaines de relevés incomplets chez plusieurs outils de suivi de positions. Les deux problèmes tombent mal : Google a terminé le 8 octobre sa mise à jour anti-spam de septembre, et vous cherchez sans doute à savoir si votre site a perdu du terrain. Voici comment lire vos chiffres sans prendre un trou de données pour une chute.

Jusqu’à 67 heures de retard dans la Search Console

La capture d’écran de Barry Schwartz date du dimanche 11 octobre, vers 13 h, heure de Bruxelles. Il rappelle que la Search Console prend souvent du retard, mais que cela touche d’ordinaire le rapport d’indexation des pages ou d’autres parties de l’outil, rarement le rapport Performances. Le dernier épisode de cette ampleur remonte à décembre 2025, quand le rapport avait dépassé 60 heures de décalage. John Mueller, de Google, avait alors précisé sur Bluesky que seuls les rapports étaient touchés, sans effet sur l’exploration, l’indexation ou le classement.

Cette fois, Google n’a rien dit à l’heure où nous écrivons. Sa page des anomalies de données de la Search Console, consultée le 12 octobre, ne signale aucun incident en septembre ni en octobre.

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, l’API de la Search Console ne renvoyait aucune donnée postérieure au 9 octobre pour la propriété que nous avons interrogée. Les données horaires, identiques à celles de la vue « 24 heures », s’arrêtaient au 8 octobre au soir, heure de la côte ouest américaine.

Google annonce pour cette vue, lancée en décembre 2024, quelques heures de délai seulement. Dans nos relevés, elle n’apportait pourtant rien de plus récent. Les outils branchés sur l’API, comme un tableau de bord Search Console ou un rapport client automatique, reçoivent les mêmes données en retard.

Trois semaines de positions mal relevées

Les outils de suivi de positions interrogent le moteur chaque jour, ce que Google n’autorise pas. Ses règles sur le spam, consultées le 12 octobre, rangent dans le trafic généré automatiquement « le scraping des résultats à des fins de vérification du classement ». Google y précise que ces activités enfreignent aussi ses conditions d’utilisation.

Le 16 septembre, l’éditeur Sistrix a écrit sur sa page d’état que Google avait de nouveau changé sa façon de livrer les résultats et que sa propre collecte tournait au ralenti. Steve Paine, de Sistrix, cité deux jours plus tard par Search Engine Roundtable, expliquait que Google procédait à ces changements depuis environ un an, à un rythme alors très soutenu. Le 26 septembre, Sistrix ajoutait sur la même page que Google renvoyait parfois des résultats incomplets ou déformés et que l’outil actualiserait moins de mots-clés chaque jour. Le 12 octobre, un bandeau y indiquait toujours que les positions étaient mises à jour moins souvent que d’habitude.

Le 18 septembre, Barry Schwartz rapportait aussi que Google semblait bloquer plus efficacement les outils de suivi depuis le 13 septembre environ. Le consultant Glenn Gabe avait comparé plusieurs outils sur un site qui venait de retrouver son trafic : l’un affichait la reprise, un autre la montrait avec retard, un troisième pas du tout.

Ranktracker, qui vend lui aussi un outil de suivi, a publié le 7 octobre une enquête sur ses propres données et sur plus de 20 outils concurrents, sans les nommer. Il dit avoir vu les pages de résultats changer de comportement vers le 17 septembre, puis la situation se dégrader pendant le spam update. Dans certains de ses tests, seuls 1 à 3 résultats de la première page étaient récupérés. Son exemple : une page classée 38e peut passer pour perdue si l’outil s’arrête à la 20e position, alors qu’elle n’a pas bougé.

Le 11 octobre encore, un professionnel du SEO décrivait sur Reddit des chutes de plus de 50 places dans ses relevés de positions, alors que ses impressions dans la Search Console et son trafic n’avaient pas reculé.

Quelle source croire pour chaque période ?

D’après son tableau de bord d’état de la recherche, Google a lancé le spam update de septembre le 24 septembre à 18 h 15, heure de Bruxelles, et l’a déclaré terminé le 8 octobre. Les premières anomalies relevées par Ranktracker, vers le 17 septembre, précèdent donc le lancement d’une semaine. Dans nos relevés, la Search Console couvre toute la période de la mise à jour, mais rien n’y apparaît encore après le 9 octobre.

Frise des sources de données à utiliser pour mesurer le spam update de septembre 2026 : outils de suivi de positions peu fiables depuis mi-septembre, spam update du 24 septembre au 8 octobre à lire dans la Search Console, jours suivants à lire dans votre outil de mesure d'audience en attendant le rattrapage de la Search Console (schéma réalisé par MACCUS)
Quelle source utiliser pour chaque période, d’après le tableau de bord de Google, Sistrix et Ranktracker.

Notre article sur le spam update de septembre détaille les contrôles à faire pour savoir si votre site a été touché. Avant toute comparaison, triez vos sources :

Source État au 12 octobre Usage conseillé
Rapport Performances de la Search Console rien après le 9 octobre dans nos relevés référence du 24 septembre au 8 octobre
Vue « 24 heures » arrêtée au 8 octobre au soir dans nos relevés à ignorer tant que le retard dure
Outils de suivi de positions collecte incomplète signalée depuis mi-septembre tendances seulement, après vérification
Votre outil de mesure d’audience non concerné par ces deux problèmes visites venues de Google après le 9 octobre

Six vérifications avant de conclure à une baisse

  1. Contrôlez la date réelle de vos données. Dans le rapport Performances, regardez le dernier jour affiché sur la courbe et la mention de dernière mise à jour. Ne comparez que des jours complets : une absence de données n’est pas une baisse de trafic.
  2. Comparez la période du spam update à une période équivalente. Pour analyser une baisse, la documentation de Google conseille cette comparaison, puis un passage en revue des requêtes, des pages, des pays, des appareils et des apparences dans les résultats. Prenez par exemple la période du 24 septembre au 8 octobre et comparez-la aux quinze jours précédents ou aux mêmes dates de 2025. Les filtres regex de la Search Console aident à isoler une famille de requêtes.
  3. Lisez les clics et les impressions avant la position. Google l’écrit dans son guide sur les baisses de trafic : « En général, vous ne devez pas trop vous concentrer sur votre position absolue. Les impressions et les clics sont, en définitive, les indicateurs du succès de votre site. »
  4. Pour les jours qui suivent le 9 octobre, passez par votre outil de mesure d’audience. Il mesure sur votre site les visites venues de la recherche Google, sans dépendre de la Search Console. Les deux outils ne comptent pas de la même façon : comparez des tendances.
  5. Traitez avec prudence les positions relevées depuis mi-septembre. Repérez les groupes de mots-clés qui disparaissent puis reviennent ensemble. Ranktracker conseille de revérifier en priorité les mots-clés qui se classaient entre la 20e et la 100e place. Demandez à votre fournisseur jusqu’à quelle position il collecte aujourd’hui : selon la même enquête, certains ne suivent plus que le top 20, 30 ou 50.
  6. Annotez vos rapports. Si vous transmettez des chiffres à un client ou à une direction, signalez sur les graphiques les deux périodes douteuses : les positions depuis mi-septembre, la Search Console après le 9 octobre. Si un rapport déjà envoyé annonçait une chute pendant la période de collecte incomplète, envoyez une correction. Un prestataire sérieux vérifie ses sources avant d’alarmer un client. Nous avons listé d’autres signes d’une mauvaise agence SEO.

Attendez des données complètes avant de modifier des pages en réaction au spam update.

À surveiller dans les prochains jours

Le premier signal sera un commentaire de Google, sur ses comptes Search Central ou dans la page des anomalies de données. Le deuxième sera le rattrapage des jours manquants. Google a déjà comblé des trous : le 21 août 2026, cette même page indiquait que les impressions manquantes du rapport sur l’IA générative, du 13 au 17 août, avaient été restaurées. Tout ne revient pas pour autant : la page signale deux jours, fin février et début mars, absents des exports groupés de certaines propriétés, et précise que ces données ne seront pas récupérées.

Côté outils de suivi, surveillez la page d’état de votre fournisseur et la profondeur réelle de ses relevés.

Barry Schwartz note enfin que certains voient dans ce retard l’annonce d’une prochaine mise à jour principale. Il en doute, mais estime qu’elle devrait arriver bientôt. La dernière, celle de mai 2026, s’est terminée le 2 juin.

Plusieurs questions restent ouvertes

Google n’a donné ni cause ni date de retour à la normale. Rien ne permet de dire que toutes les propriétés ont le même retard : nos relevés portent sur un seul site. Nous n’avons pas vérifié ici le rapport d’indexation des pages, dont nous détaillons chaque statut dans un autre article.

Les constats sur les outils de suivi viennent surtout de ceux qui les vendent, et Google n’a pas commenté les changements de septembre qu’ils décrivent. Le lien entre le spam update et ces problèmes n’est pas établi non plus : Barry Schwartz situe le début du retard après la mise à jour, sans confirmation de Google.

Une fois les données revenues, vous saurez ce que le spam update a changé pour votre site. Si vous voulez un regard extérieur sur ces chiffres, demandez notre audit SEO gratuit.

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