Google spam update septembre 2026 : ce qu’il faut vérifier sur votre site

Google a terminé le 8 octobre 2026 sa mise à jour anti-spam de septembre, la quatrième de l’année. Elle a duré près de deux semaines, et le consultant Glenn Gabe a signalé de fortes baisses dans plusieurs secteurs et plusieurs pays.

L’annonce de Google, du 24 septembre au 8 octobre

Le tableau de bord de l’état de la recherche Google a publié l’annonce le 24 septembre 2026 à 16 h 15 UTC, soit 18 h 15 à Bruxelles et à Paris. Le message, en anglais, précise que la mise à jour s’applique au niveau mondial et à toutes les langues, et que son déploiement peut prendre jusqu’à deux semaines.

Le 8 octobre 2026, Google a ajouté que le déploiement était terminé. Le tableau de bord fixe la fin à 8 h UTC (10 h à Bruxelles) et affiche une durée de 13 jours et 16 heures.

C’est long : les trois spam updates précédents de 2026 ont pris 19 heures et 30 minutes en mars, 2 jours et 1 heure en juin, 2 jours et 16 heures en août. Barry Schwartz, de Search Engine Roundtable, a demandé à John Mueller, de Google, si les deux semaines étaient une coquille. Réponse : celle-ci prendrait probablement plus de temps que certaines des précédentes.

Google n’a pas dit quelle règle ou quelle pratique cette mise à jour visait, comme l’a relevé Matt G. Southern dans Search Engine Journal le jour du lancement.

Les pratiques visées par un spam update

Google explique que ses systèmes de détection du spam tournent en continu. Il appelle « mise à jour pour la lutte contre le spam » (spam update) une amélioration notable de ces systèmes, par exemple de SpamBrain, son système de prévention du spam basé sur l’IA.

Ce que ces systèmes repèrent est décrit dans les règles concernant le spam. Six d’entre elles concernent directement les petites entreprises :

Pratique visée (nom Google) À quoi elle ressemble sur un petit site
Utilisation abusive de contenu à grande échelle Des centaines de pages produites en série (outil, IA, contenu d’autres sites traduit ou reformulé) qui n’apportent presque rien au lecteur
Utilisation abusive d’un domaine arrivé à expiration Un ancien domaine racheté pour son historique, puis rempli de contenu sans rapport
Spam lié à la réputation d’un site Des pages de tiers hébergées chez vous surtout pour profiter de votre classement
Contenu piraté Des pages ou des liens ajoutés à votre insu après une faille de sécurité
Techniques de dissimulation (cloaking) Un contenu différent pour Google et pour les visiteurs
Liens toxiques Des liens achetés pour le classement, échangés en masse ou placés dans des annuaires de faible qualité

Parmi ses exemples de contenu en série, Google cite l’IA générative utilisée pour créer de nombreuses pages sans valeur ajoutée, et le contenu repris d’autres sites puis transformé automatiquement, y compris par traduction, pour multiplier des pages sans intérêt pour le lecteur. Son guide sur le contenu généré par IA, mis à jour le 1er octobre 2026, renvoie à cette règle.

Une précision utile en Belgique et en France : le 28 août 2026, Google a modifié la règle sur la réputation d’un site pour l’Espace économique européen (EEE). Depuis le 30 août, l’effet d’une action manuelle prise à ce titre ne s’applique plus aux résultats vus dans l’EEE ; la partie concernée du site peut être classée à part du reste du domaine.

Spam update, core update et contenu utile

Ce n’est pas une mise à jour principale (core update) : Google décrit celles-ci comme des changements larges qui ne ciblent pas de sites ou de pages en particulier.

Ce n’est pas non plus un retour de la « Helpful Content Update ». D’après la page de Google sur ses systèmes de classement, ce système fait partie des systèmes de classement principaux depuis mars 2024.

Comment savoir si votre site a été touché

  1. Ouvrez la Search Console, rubrique « Sécurité et actions manuelles ». Une action manuelle est signalée dans le rapport sur les actions manuelles. Un spam update passe par des systèmes automatisés : un rapport vide ne prouve donc pas que vous êtes épargné. Depuis début octobre, des consultants signalent une hausse des actions manuelles : voir notre article sur les faux auteurs et contenus IA non relus.
  2. Dans le rapport sur les performances, affichez 16 mois. Une baisse qui revient chaque automne est saisonnière.
  3. Comparez les bonnes dates. Pour les core updates, Google conseille d’attendre au moins une semaine complète après la fin, puis de comparer avec une semaine antérieure au début. Nous appliquons la même règle à ce spam update : à partir du 15 octobre, comparez la semaine du 8 au 14 octobre avec celle du 17 au 23 septembre.
  4. Regardez la forme de la courbe. Une marche nette, sur tout le site, un jour précis du déploiement, est un signal. Une seule page qui perd un extrait enrichi ou sa place dans Discover relève souvent d’une autre cause que le spam.
  5. Triez l’onglet « Pages » par différence de clics. Si les pertes se concentrent sur un groupe de pages bâties sur le même modèle, examinez d’abord ce groupe.
  6. Regardez séparément la recherche Web, l’onglet Actualités et le rapport Discover : ils ne bougent pas toujours ensemble.

Le guide de Google sur les baisses de trafic insiste aussi sur la saisonnalité. Un automne doux, par exemple, peut retarder des recherches de saison sans qu’aucune mise à jour soit en cause. Depuis le 22 juillet 2026, les Aperçus IA de Google peuvent aussi faire baisser les clics en France sans toucher aux positions : notre guide du Mode IA et des Aperçus IA explique comment mesurer cet effet.

Frise du Google spam update septembre 2026 : annonce le 24 septembre, vagues observées du 25 au 27 septembre, les 30 septembre et 1er octobre, puis du 4 au 6 octobre, fin le 8 octobre, comparaison à faire à partir du 15 octobre (schéma réalisé par MACCUS)
Les dates à comparer dans la Search Console.

Que faire si vous avez été touché

Google renvoie à ses règles : corriger ce qui ne les respecte pas peut aider, si ses systèmes automatisés constatent, « pendant plusieurs mois », que le site les respecte.

Trois cas particuliers :

  • Spam de liens : Google précise que l’avantage que ces liens donnaient est perdu et ne reviendra pas. Notre conseil : remplacez-le par des liens mérités.
  • Action manuelle : corrigez toutes les pages concernées, puis déposez une demande de réexamen depuis le rapport.
  • Pages produites à grande échelle : Google demande de les exclure de la recherche si elles n’apportent rien au lecteur ; notre guide de l’indexation explique comment. Pour les sites traduits, notre guide du référencement d’un site multilingue détaille le contrôle de qualité langue par langue.

Méfiez-vous des promesses de « sortie de pénalité » rapide, un des signes d’une mauvaise agence SEO.

Les observations d’autres éditeurs

Ce sont des observations d’éditeurs et de consultants : seules les pages de Google citées plus haut décrivent ses règles.

Barry Schwartz, de Search Engine Roundtable, a suivi les outils de mesure de la volatilité. Il décrit trois vagues : du 25 au 27 septembre, le 30 septembre et le 1er octobre, puis du 4 au 6 octobre.

Le 28 septembre, le consultant Glenn Gabe a écrit sur X qu’il voyait de fortes baisses sur un certain nombre de sites, dans plusieurs secteurs et plusieurs pays. Il citait plusieurs cas de ce qu’il appelle « Mt. AI » : des sites montés très vite grâce à du contenu généré par IA, puis effondrés. Le même jour, la consultante Lily Ray notait des premiers signes que la mise à jour touchait des sites aux pages très standardisées, programmatiques, probablement générées par IA, par exemple une page par numéro de téléphone.

Le 30 septembre, des éditeurs du forum WebmasterWorld, cités par Search Engine Roundtable, disaient avoir vu disparaître leur trafic Discover et Google Actualités. Le 1er octobre, Glenn Gabe rapportait des messages de propriétaires de sites ayant perdu beaucoup de trafic précisément le 30 septembre. Il notait aussi que des pages de Reddit traduites par IA remontaient en Italie, en Allemagne, au Brésil et en France.

Sur Reddit, sept récits datés :

  • Dans la nuit du 29 au 30 septembre, le responsable d’un agenda culturel indépendant en Espagne décrit une perte d’environ 95 % de son trafic Google, du jour au lendemain, à partir du 27 septembre. Son site publie une page par événement, sur un même gabarit, à partir de données reprises de sources officielles. Les réponses se partagent entre deux lectures : agrégation sans valeur ajoutée, ou simple instabilité d’un site très jeune.
  • Le 7 octobre, l’éditeur d’un comparateur lancé un mois plus tôt, avec des milliers de pages locales sur un modèle commun, voit ses impressions presque disparaître. Il hésite entre la fin d’un effet de lancement et un problème de contenu à grande échelle.
  • Fin septembre, sur r/bigseo, un éditeur touché en juin dit avoir regagné environ 15 % après avoir retiré d’anciens articles invités et corrigé des pages trop minces, sans retrouver son niveau d’avant. Un autre observe que 19 domaines de son secteur ont reculé vers le 24 septembre, les trois premières places restant plus stables que les positions à partir de la dixième.
  • Le 29 septembre, sur r/SEO, un participant qui suit des sites de test rappelle que la mise à jour d’août (du 18 au 21 août) peut expliquer une baisse attribuée à septembre.
  • Début octobre, une boutique en ligne tombe à quelques impressions par jour. Les réponses conseillent d’attendre une semaine après la fin du déploiement avant de conclure.
  • Le 4 octobre, plusieurs éditeurs constatent que le rapport sur les performances s’arrête au 29 septembre, sur plusieurs propriétés. Certains y voient une chute de trafic. C’était un retard d’affichage : les jours manquants sont apparus ensuite. Le 11 octobre, le rapport a de nouveau pris du retard, jusqu’à 67 heures selon Search Engine Roundtable : voir notre point sur le retard de la Search Console.
  • Le 7 octobre, sur r/TechSEO, un site touché en août voit ses clics remonter alors que ses impressions restent basses. La plupart des réponses y lisent la perte d’impressions sur des requêtes mal ciblées.

Dans ces récits, plusieurs sites touchés ont beaucoup de pages bâties sur un même modèle, ou sont très récents. Et une part des alertes venait d’ailleurs : données en retard, saison, mise à jour précédente.

Sur nos propres sites

Nous avons regardé la Search Console de nos sites : notre site principal marcwiner.com (un site de recettes en français traduit en 23 langues), charcuteriemaison.fr et homeinspiration.be ; maccus.fr reçoit encore trop peu de clics pour être lu. Aucun n’a décroché, ni au lancement, ni lors des deux premières vagues, ni au début de la troisième (données complètes jusqu’au 5 octobre). Sur notre site principal, l’évolution pendant le déploiement ressemble à celle des mêmes semaines de 2025.

Si vous n’avez pas été touché : trente minutes de vérifications

  1. Ouvrez les rapports « Actions manuelles » et « Problèmes de sécurité » de la Search Console.
  2. Tapez site:votredomaine.be dans Google et cherchez des pages que vous n’avez pas créées.
  3. Listez vos pages bâties sur un modèle (villes, produits, fiches) et demandez-vous ce que chacune apporte de plus que la voisine.
  4. Vérifiez que vos liens sponsorisés ou d’affiliation portent rel="sponsored" ou rel="nofollow". Notre guide complet des backlinks détaille les cas.
  5. Repérez les contenus de tiers publiés sur votre domaine et vérifiez qu’ils s’intègrent au reste du site.
  6. Notez les dates de ce déploiement (du 24 septembre au 8 octobre 2026) pour vos prochaines comparaisons.

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